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ANKARA

Capitale de la Turquie, deuxième ville du pays après Istanbul, cité administrative et politique, Ankara la moderne contraste fort avec les paysages de steppe et les zones arides qui l'entourent.

Située à 850 mètres d'altitude, elle connaît un climat de type continental avec des hivers rigoureux et des étés très chauds. 3 millions d'habitants environ.

d'Izmir, et il est prudent d'effectuer ses réservations assez longtemps à l'avance. Le train est un excellent moyen de traverser l'Anatolie jusqu'à Ankara. Des trains fréquents relient Istanbul et Ankara: le train de jour en première classe et le train-express de nuit en couchettes 'j sont les plus rapides et les plus ponctuels. D'autres départs ont lieu de jour comme de nuit mais ils ne respectent pas les mêmes délais: plus lents, ils ont aussi une fâcheuse tendance à prendre beaucoup de retard. La capitale est également bien desservie au départ d'Izmir (deux trains de nuit et un train de jour), d'Adana, de Kayseri et Zonguldak. Pour toutes les autres destinations, c'est l'autocar qui domine: toutes les villes de province sont reliées à Ankara et les départs se font presque sans interruption, assurés depuis l'immense «otogar» par un nombre important de compagnies privées. En ville, le moyen de transport le plus usité et le meilleur marché est l'autobus dont les ligne sillonnent les rues à intervalles réguliers. Le taxi reste plus pratique pour le touriste qui ne maÎtrise pas encore la configuration de la cité (les véhicules sont normalement munis de compteurs).

Bien qu'elle soit capitale, Ankara, symbole de la Turquie moderne, séduit encore difficilement le voyageur: trop vaste, trop affairée peut-être, la ville semble se désintéresser de ses visiteurs pour se consacrer exclusivement à son image politicienne et à ses bureaucrates. Comme la Turquie des villages semble lointaine ici: pourtant, ils sont encore nombreux ceux qui, attirés par le mirage de la ville, quittent champs et troupeaux pour venir s'agglutiner dans des banlieues sans âme!

Ankara regorge néanmoins de richesses qui justifient un séjour de 24 heures: celles de son célèbre musée des Civilisations anatoliennes bien sur, mais aussi sa citadelle et les vieux quartiers qui l'entourent, ses vestiges romains, le mausolée d'Atatürk et les différents monuments érigés à la gloire de la République.

L'Atatürk Bulvari, l'artère principale, traverse Ankara du nord au sud en franchissant ses principaux quartiers: Ulus, Sihhiye, Kizilay, Yenisehir, Kavaklidere, Çankaya...

C'est autour de ce gigantesque boulevard que la ville s'est développée, laissant au nord les quartiers les plus anciens et plus populaires pour afficher au centre, quartier des affaires, de belles constructions ou se logent compagnies aériennes et grands magasins et à l'extrême sud, dans un cadre tres verdoyant, l'élégance des ambassades étrangeres et des ministeres.

On pourra commencer la visite d'Ankara par le quartier d'Ulus Meydani, la place des Nations, cœur de la ville ancienne, dont les ruelles abritent nombre d'hôtels bon marché et de petits restaurants. Populaire, cette partie de la ville est sans aucun doute la plus pittoresque avec ses marchés et ses vieilles maisons. Les bons marcheurs pourront entreprendre à pied la découverte des curiosités de ce quartier auquel il faut consacrer une grande demijournée.

Le musée des Civilisations anatoliennes

Ouvert de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30. Fermé le lundi.

S'y rendre des l'ouverture en raison de l'affluence en milieu de matinée ou alors dans l'apres-midi, généralement moins fréquentée par les groupes. Compter deux heures de visite. Cafétéria et librairie. Photographies interdites.

Véritable joyau, le musée des Civilisations anatoliennes justifie à lui seul la visite d 'Ankara car il enrichira grandement votre découverte de la Turquie: y sont exposées les plus riches collections d'époque néolithique, hittite et phrygienne du pays.

L'organisation des salles suit une configuration chronologique: on commencera donc à droite, apres l'entrée, par les collections Paleolithiques (50 000 avant J .-C.) peu importantes. La section Neolithique (7000-5 500 avant J.-c.) qui suit est en revanche l'une des plus intéressantes du musée: c'est ici que sont exposés les objets découverts sur les sites de Çatal Hüyük, dont on a reconstitué un sanctuaire, et d'Hacilar. On s'étonnera surtout des peintures murales et de leurs fines silhouettes ainsi que des figurines représentant la déesse-mere. La section Chalcolithique (5500-3000 avant J.-C.) regroupe statuettes; figurines animales, outils provenant d'Hacilar, Alaca Hoyük, Alisar et Tilkitepe. La section du Bronze ancien (3 000-1 950 avant J.-c.) expose de magnifiques objets de bronze, d'argent, d'or et d'électrum: bijoux, disques solaires, figurines représentant la déesse-mere et de fins cervidés. Dans la section d'Alisar III (fin de la période du Bronze ancien) on peut voir de belles céramiques. La section des Colonies assyriennes (1 950-1 750 avant J.-C.) regroupe des tablettes couvertes d'écriture cunéiforme, des poteries, des sceaux cylindriques, des bijoux, etc, provenant pour la plupart du site de Kültepe, l'ancienne Kanis. La section Hittite (1 750-1 200 avant J .-C.) possede une superbe collection, séparée en deux parties: l'une, la plus vaste, située dans le hall à gauch&, est consacrée aux réalisations artistiques des derniers temps de l'Empire hittite; l'autre plus réduite, faisant suite à la section assyrienne, retrace la période des ancien et nouvel Empires hittites. Datant de l'ancien et du nouvel Empire, des objets provenant des fouilles des cinq temples de Bogazkoy mais aussi d' Alisar et d' Alaca Hoyük: vases rythons à tête de taureau, sceaux cylindriques, tablettes, jares à libation, figurines animales, etc. sont exposés.

La section fin de l'Empire regroupe dans le hall central, les imposantes sculptures de Karkemish et d'Alaca Hüyük représentant des reliefs de grand intérêt: on y découvre des scenes de libation, de fêtes, des corteges, des scenes de chasse et aussi de belles statues à figure humaine ou animale. La section Phrygienne (1200-700 avant J.-c.) expose les découvertes effectuées dans les tumulus fouillés à Gordion: belle vaisselle en bronze dont un superbe chaudron, fibules, fragments de mobilier en bois, etc. Dans la section Ourarteenne (1200-700 avant J.-C.), à remarquer surtout la finesse du fameux lion d'ivoire, le superbe chaudron à pied et un magnifique lion de bronze.

On est désormais certain des origines hittites d'Ankara malgré le peu de traces que nous a laissées l'histoire. Les Phrygiens en revanche furent moins avares de témoignages et les tumulus découverts sur le site de l'antique Ancyre attestent de l'importance de la cité. Après avoir connu la domination perse, la ville fut occupée par Alexandre le Grand en 334 avant J .-c. Elle passa ensuite aux mains des Séleucides, puis à celles des Galates avant d'être annexée à l'Empire romain en 25 avant J.-c., devenant ainsi capitale de la Galatie. Le christianisme s'y répandit et trois conciles y furent même tenus au cours du quatrième siècle. Dès le viie siècle cependant, les Arabes vinrent mettre un terme à la tranquillité que les Byzantins avaient réussi à faire régner sur la ville. Puis ce fut au tour des Turcs d'entrer en scène jusqu'à ce qu'ils soient écrasés par les Mongols en 1402 au cours de la fameuse bataille d'Ankara. Mais en 1414, les armées de Tamerlan abandonnant la place, les Ottomans se rendirent à nouveau maÎtres d'Ankara.

Sortie pour quelques siècles de l'histoire, c'est Mustapha Kémal qui devait, en 1920, faire revivre la vieille cité en y installant le centre de la résistance Nationale, puis, en 1923, en y transférant le gouvernement.

La visite du musée se termine par une salle dédiée à l'art grec mais dont l'intérêt est limité à quelques bijoux et pieces de monnaie.

En sortant, on pourra se diriger à pied vers la citadelle située juste au-dessus du musée. Cette promenade agréable vous fera découvrir un typique quartier aux maisons de bois, qui a conservé le charme de la vieille Turquie.

La citadelle : juchée en haut de l'une des deux collines de la vieille ville, une double enceinte bien conservée d'époque byzantine la protège. La première muraille encercle désormais le vieux quartier traditionnel d'Ankara ou l'on pénètre par la porte Hisar Kapisi. La deuxième enceinte, que l'on atteint quelques minutes plus tard, est constituée d'un bastion rectangulaire à l'intérieur duquel on pourra visiter la mosquée seljoukide Alaeddin.

Belle vue sur la ville depuis les remparts. En redescendant, on se dirigera vers la mosquée Arslanhane.

la plus ancienne d'Ankara, construite au début du XIIIe siècle beau plafond de bois et belles mosaiques.

De retour dans le quartier d'Ulus, on reviendra vers la place ou1 se dresse la statue équestre d'Atatürk: à proximité, des vestige d'époque romaine méritent qu'on leur consacre un peu de temps En remontant la Çankiri cadessi, on remarquera sur la droite la colonne de Julien dressée en l'honneur de cet empereur en 362; On atteint ensuite le temple d'Auguste, transformé en église puis en mosquée, sur les murs duquel on peut encore lire des texte gravés relatant l'œuvre de l'empereur. On pourra enfin visiter le bain romain, situé plus au nord et à gauche du boulevard. Les pièces principales de l'établissement sont encore bien conservées frigidarium, caldarium. Remarquez par ailleurs l'ingénieur système de canalisations et celui des hypocaustes ou circulait l'air chaud.

On consacrera le reste de la journée à la découverte de l'Ank moderne, après une halte dans un des restaurants d'Ulus.

Les passionnés pourront se rendre en taxi ou en bus au mu Ethnographique et au musée d'Art moderne, dont les bâtiml ' se font face à l'intersection de l'Atatürk Bulvari et de la Talat Pasa Cad.

Le musée Ethnographique (ouvert de 8h30 à 12h30 et 13h30 à 17h30 en été, sauf le lundi) est l'un des plus beaux musée ethnographiques de Turquie, avec d'intéressantes collections vêtements traditionnels, de tapis, de mobiliers, d'armes, manuscrits, etc

Le musée d'Art moderne (mêmes horaires): vous y découvrez l'art de la Turquie contemporaine. La peinture y est davantage représentée.

En fin de journée, au moment de la sortie des bureaux, l'activité est à son comble dans le quartier de Yenisehir: on y flânera pour prendre le pouls de la cité moderne, y faire quelques achats ou y dîner dans un bon restaurant.

Le mausolée d'Atatürk (l'Anit Kabir), situé au sud de la ville, est un des grands monuments d'Ankara et on ne pourra manquer de le visiter avant de quitter la capitale. Ouvert le matin seulement, tenue correcte exigée.

Sa construction, terminée en 1953, n'est pas sans rappeler l'austérité des grands temples et en impose par sa froide architecture.

L'atmosphère de recueillement et de respect qui y règne ne sera pas sans impressionner le visiteur qui pourra alors réaliser qui fut réellement Mustapha Kémal, l'un des plus grands hommes qu'ait jamais connu la Turquie.

On accède au mausolée par une allée magistrale bordée de lions de pierre qui mène à une esplanade; celle-ci est entourée de bâtiments ou sont exposés les souvenirs, des objets et les voitures ayant appartenu à Atatürk.

L'intérieur austère du mausolée proprement dit est décoré de marbre, le plafond recouvert d'une mosaïque d'or, et la tombe est constituée d'un immense bloc de marbre. Face au mausolée, on verra la tombe d'Ismet Inonü, second président de la République turque.

On ne quittera pas Ankara sans aller faire un tour au parc Gençlik, le parc de la jeunesse, dans l'encemte duquel se dressent l'opéra réputé pour la qualité de ses spectacles et un lunapark fort apprécié des petits et des grands ou l'on pourra se divertir tout en se restaurant (petits établissements sympathiques).

AUX ENVIRONS

Gordion : bien que située à près de 100 kilomètres de la capitale Gordion pourra faire l'objet d'une excursion de la journée en partant tôt le matin, à moins qu'on ne décide de s'y arrêter en allant vers Konya.

C'est à Gordion, capitale de la Phrygie vers le VIIIe siècle avant J.-C., que l'on a découvert l'imposant tumulus d'un tombeau royal, au cœur d'une vaste nécropole d'époque phrygienne composée de nombreux tumuli plus petits.

Le site est ouvert de 9h30 à 16h30 sauf le jeudi.

Les fouilles ont dégagé une chambre funéraire fort bien défendue par tout un ensemble de structures qui parvinrent jusqu'à nous totalement intactes. A l'intérieur de la chambre, on découvrit le corps d'un roi et 'tout un mobilier que l'on peut voir en partie dans le petit musée situé en face de l'hypogée: table, chaudrons, bols, etc.

Non loin de la nécropole, les vestiges de l'ancienne capitale gisent épars sur le sol, mais ils n'intéresseront vraiment que les Passionnés d'archéologie.