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BODRUM
Blotti au fond des eaux turquoises du golfe de Gôkova, Bodrum est un adorable
port aux maisons blanches qui fut très en vogue dans les milieux d'artistes
des années 60/70. Mais le tranquille village d'hier est devenu en quelques années
un haut-lieu du tourisme et un favori des voyagistes: son port de plaisance
l'emporte désormais sur la pêche et les villages-vacances s'égayent le long
des plages environnantes.
Des bus fréquents relient Bodrum à Ankara, Istanbul et Izmir et des
service quotidiens sont assurés entre Bodrum et Marmaris.
L'aéroport le plus proche est celui de Dalaman près de, Fethiye mais celui
d'Izmir reste le plus pratique en raison de ses vols directs avec l'Europe.
Mais le plus beau moyen d'appréhender Bodrum et ses environs est sans conteste
le bateau: les Lignes maritimes turques proposent des croisières qui y font
escale au départ d'Istanbul via Izmir .
Les plus chanceux pourront y mouiller leur propre navire, Bodrum étant un
des ports d'entrée pour la navigation de plaisance. Les autres pourront louer
une embarcation sur le port afin de partir à la découverte du fabuleux glofe
de Gôkova: ce sera alors pour eux l'occasion de naviguer dans des eaux merveilleuses,
de se baigner dans des criques isolées et de s'étonner devant certains sites
antiques accessibles uniquement par mer.
Quelques agences de voyage proposent des croisières de plusieurs jours en
voilier suivant un itinéraire qui permet une approche complète de la côte jusqu'à
Fethiye: à réserver d'Europe exclusivement.
Départs quotidiens pour Cos, l'Île grecque voisine.
Connue sous le nom d'Halicarnasse, la vieille cité
fut membre de la Confédération dorienne qui regroupait alors les cités de Cos,
Cnide et Rhodes. Rejetée de ce groupement, elle vécut ensuite toute une série
de conflits, puis sous le règne de la célèbre Artémise 1ère, elle entra en campagne
contre la Grèce aux côtés de Xerxès.
Vaincue par les rois de Carie, qui en firent leur capitale,
Halicarnasse devait connaÎtre avec le roi Mausole une grande période de prospérité:
l'histoire nous a laissé l'exemple de son tombeau qui fut connu dans l'Antiquité
comme l'une des sept Merveilles du monde.
En 334, Alexandre le Grand parvint à conquérir la ville
et il réinstalla la reine Ada sur le trô1te. Mais après la mort du conquérant,
Halicarnasse vécut une période de troubles, passant de mains en mains jusqu'à
son rattachement à Rome en 129.
Devenue byzantine, elle fut envahie par les Seljoukides
jusqu'à ce que les Croisés la réoccuppent. Les Ottomans en devinrent définitivement
maÎtres en 1523.
Bodrum, le Saint-Tropez de la côte turque, bien qu'envahi l'été par des hordes
de touristes, est un lieu idéal pour passer ses vacances: ici règnent la nonchalance,
l'amour du soleil et de la mer, le goiit de ne rien faire et de profiter du
temps qui passe...
Bodrum se vit plutôt qu'elle ne se visite: il faut prendre ici ses habitudes,
savoir flâner le long des quais et des ruelles écrasés de chaleur, chiner au
fond des échoppes ou l'on vend toutes sorte de « souvenirs»: éponges, bijoux,
artisanat, ravissantes robes et chemises de coton, etc.
Quelques curiosités retiendront l'attention dans la ville. On consacrera
cependant plus de temps à la découverte des environs et à leurs vestiges ainsi
qu'aux promenades en mer et aux plaisirs nautiques.
Le chateau Saint-Pierre: on ne peut le manquer car il se dresse à l'extrémité
du port, formidablement bien conservé.
Construit en 1402 par les chevaliers de l'Ordre des Hospitaliers afin de
défendre la cité des infidèles, le château fut ensuite remanié afin de le rendre
encore plus invulnérable. Il dut être cependant abandonné en 1523 aux Ottomans
après la chute de Rhodes.
Au cours de sa visite, on remarquera successivement: les portes de Saint-Pierre,
au nombre de six, avec leurs écussons; la chapelle des Hospitaliers qui date
du XV, siècle; le musée des Découvertes sous-marines ou sont exposés les pièces
et objets provenants des fouilles sous-marines effectuées dans la région.
La partie supérieure du château avec ses différentes tours (tour de France,
tour d'Italie, tour dl Angleterre) abrite des collections, fort diverses: pièces
de monnaie, verreries, statuettes, ...
Le mausolée : situé non loin du port, cette merveille qui fit la gloire
d'Halicarnasse accuse aujourd'hui les marques du temps, mais une bonne restauration
a permis de le mettre en valeur et les plans, présentés dans le musée, donnent
de l'édifice une image beaucoup plus concrète. Construit sous Mausole au IV
siècle av. J.-C., il aurait été achevé par son épouse Artémise II. D'une hauteur
de 50 m, il était surmonté d'un char ou étaient représentés Mausole et Artémise.
Il fut surtout très abÎmé lors de la construction du château Saint-Pierre auquel
il servit de carrière.
Des fouilles ont mis à jour la chambre funéraire ainsi que d'autres sépultures.
Le théâtre: d'époque grecque mais remanié par les Romains, il n'a conservé
que quelques gradins inférieurs et présente peu ,1 d'intérêt. .
AUX ENVIRONS
La presqu'Île de Bodrum: en taxi ou en affrétant un dolmus pour la
journée, il est possible de s'aventurer sur de mauvaise!' routes à la découverte
des traces d'anciennes villes antiques; Celles-ci n'intéresseront que les fanatiques
d'archéologie. Quelques villages endormis raviront cependant les amateurs de
calme:, ici les hôtels sont beaucoup moins nombreux et les plages beaucoup moins
fréquentées. .
Le golfe de Gôkova : merveille de la nature, ce golti mérite qu'on
lui consacre au moins une journée de navigatiot avec des arrêts dans des criques
isolées et dans les Îles aux plages de rêve. En revanche, plusieurs jours sont
nécessaires pour avoir une vision complète du golfe et visiter les vestiges
qui bordent.
Milâs et Labranda: à 72 kilomètres de Bodrum, l'antique
Milâs et surtout sa voisine Labranda pourront faire l'objet d'une excursion
de la journée. A conseiller aux passionnés de vieilles pierres. .
Se rendre en bus ou en dolmus jusqu'à Milas puis affréter un véhicule. On
sait seulement que Milâs, alors nommée Myosa, fut jadis capitale de la Carie
et qu'elle se révolta contre Rhodes en 168 avant de passer sous la tutelle de
Rome en 129 av. J.-C.
Le site aujourd'hui comporte peu de vestige~ à l'exception du mausolée de
Gümüskesen, érigé sur le modèle de celui d'Halicarnasse au début de notre ère.
On consacrera davantage de temps à la visite de Labranda que l'on atteint
après 14 kilomètres de paysages pittoresques. Cen.tre religieux contemporain
de Mylasa, la cité entourée de montagnes sauvages plantées de pins a conservé
quelques monuments dignes d'intérêt: le temple de Zeus, probablement du V siècle,
deux portes monumentales marquant l'entrée de la cité et des androns, ou salles
de rassemblement pour les personnages importants de la ville.
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