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LA CAPPADOCE
Cette fantastique région située au centre du plateau anatolien à une altitude
moyenne de 1200 mètres est à elle seule toute une féerie.
Entourée de trois massifs montagneux, la Cappadoce est constituée d'un ensemble
de canyons, de grottes et de cônes d'origine volcanique. La variété des roches
(basalte, tuf, etc.) associée à l'érosion ont donné au paysage son aspect lunaire
dont la célébrité s'est répandue dans le monde entier.
Mais la Cappadoce, c'est aussi une riche région agricole ou les arbres fruitiers
et la vigne croissent à l'ombre des cheminées de fées grâce à l'irrigation.
C'est aussi un ensemble de villages tous plus pittoresques les uns que les autres,
héritiers des traditions de jadis lorsque les premiers chrétiens se réfugiant
dans cet inaccessible paradis durent y creuser des villes souterraines et des
maisons troglodytiques.
De nombreux services d'autocar relient Nevsehir à + Ankara, Kayseri, Konya,
Antalya, Izmir, Istanbul et même Adana.
Pour circuler à l'intérieur même de la Cappadoce, le dolmus reste la solution
idéale car il dessert pratiquement tous les points d'intérêt. Mais la façon
la plus authentique d'approcher les différentes vallées reste la balade à dos
d'âne que certaines agences de voyage proposent à leurs clients. Par ailleurs,
les paysans de Cappadoce : utilisent toujours de pittoresques carrioles pour
se rendre de village en village, les jours de marché: peut-être' aurez-vous
la chance d'être invité à parcourir avec l'un d'eux les paysages grandioses
de cette région unique.
Afin d'apprécier pleinement la Cappadoce, il faut lui consacrer au moins
deux ou trois jours: on aura ainsi tout le loisir d'explorer les vallées excentrées
au charme mystérieux et s'isoler des vagues déferlantes de touristes qui peuplent
les sites célèbres; Il faut profiter d'un séjour en Cappadoce pour découvrir
la vie villageoise qui a su, malgré le tourisme, rester à l'écart du modernisme
et conserver ses traditions. On s'initiera ici à l'artisanat toujours vivace,
on prendra le temps d'admirer des couchers de soleil sur fond de cheminées de
fée, avec en premier plan les toits des maisons ou sèchent les abricots gorgés
de soleil... L'affluence règne en Cappadoce pendant les mois de juillet
et aout, aussi ceux qui souhaitent découvrir la région plus calmement choisiront-ils
de s'y rendre en mai, juin ou septembre.
Attention au printemps qui peut être froid (la neige persiste jusqu'en avril)
et pluvieux. On pourra loger dans les villes principales: à Urgüp ou les facilités
de transport sont les meilleures mais ou les marchands de tapis, les boutiqijes
et les hôtels ont transformé la ville en un vaste bazar, ou à Nevzehir, la capitale.
Mais les amoureux d'authentique préféreront des lieux plus tranquilles comme
Gôreme, Avanos, Uchisar ou Ortahisar.
Emportez dans vos bagages une bonne paire de chaussures pour les escalades,
une gourde pour les longues promenades et une lampe de poche avec piles de rechange
pour les intérieurs des maisons troglodytiques.
Peuplées dès le Paléolithique, certaines zones de la
Cappadoce connurent l'occupation hittite (Akasaray et à la limite de la région,
KüItepe près de Kayseri). Mais c'est avec l'arrivée des « Peuples de la Mer»
en Anatolie, que la Cappadoce vit l'éclosion de principautés indépendantes.
Dominée par la Perse au milieu du Vie siècle, elle fut ensuite conquise par
Alexandre le Grand en 334, avant de reprendre son indépendance en 332. Celle-ci
devait durer jusqu'à ce que Rome fasse de la Cappadoce une province en 18 av.
J.-C.
Mais c'est à partir de l'éclosion du christianisme
'que la Cappadoce allait sortir de l'anonymat et que toute son originalité vit
le jour: en effet, les chrétiens, fuyant les persécutions, y trouvèrent refuge
et une vie monastique intense commença à s'y développer.
Dès l'époque byzantine, de nombreuses églises rupestres
furent creusées dans les falaises apportant à l'art byzantin une expression
toute nouvelle.
Ses différents styles correspondent à l'évolution du
christianisme: on distingue une période primitive (600-725) au cours de laquelle
on représenta essentiellement la nature; la crise iconoclaste (726-843) au cours
de laquelle les images furent bannies; la période archaïque (850-950) que l'on
consacra à la narration de la vie du Christ; un retour au style paléochrétien
(850-920) précéda une période ou l'art populaire fut à l'honneur (929-950).
Enfin la Renaissance macédonienne (950-1 (00) ramena avec elle pour une longue
période un style beaucoup plus classique avant d'entamer une décadence inexorable
à partir du Xllle siècle.
Si la « querelle des images» apporta elle aussi son
lot de massacres, ce sont les incursions arabes qui devaient renforcer le sentiment
d'insécurité des communautés établies au fond des vallées: des villes entièrement
souterraines encore extraordinairement bien conservées aujourd'hui furent excavées
dès le Vie siècle de notre ère.
Après la conquête turque, certaines églises furent
transformées en habitations, d'autres en magasins, mais elles ne furent pas
détruites.
Nevsehir
Capitale régionale, Nev~ehir, à l'entrée de la Cappadoce, est construite
au pied d'une colline ou domine une ancienne forteresse seldjoukide. Cette ville,
la plus importante de la région, n'a d'autre intérêt que d'abriter un bon nombre
d'hôtels confortables et de constituer un point de chute à partir duquel on
circulera dans les environs.
- Kaymakli : à 19 kilomètres au sud de Nev~ehir, on arrive
au village de Kaymakli, sans intérêt en lui-même, mais célèbre pour sa ville
souterraine. Celle-ci, composée de huit étages, est tout à fait surprenante:
chambres, couloirs et tunnels y forment un véritable labyrinthe ou règne une
température fraÎche et constante (la petite laine peut y être appréciée). Cette
cité sous terre fut construite par les chrétiens au moment des invasions arabes.
Elle était alors verrouillée à l'aide d'un ingénieux et solide système de
meule et ventilée par un puits qui assurait l'arrivée d'air jusque dans les
moindres réduits.
Un guide vous fera faire le tour du propriétaire: la ville semble encore
habitée avec ses cuisines, ses jarres, ses greniers ou l'on entreposait les
denrées pour les longs mois, ses églises avec leurs autels creusés dans le roc.,.
Un bar-discothèque a même été aménagé pour les touristes qui souhaiteraient
prolonger leur séjour
- Derinkuyu : à 10 kilomètres de Kaymakli, sa sœur jumelle,
Derinkuyu, moins visitée par les groupes, ce qui est un gros avantage, est tout
aussi surprenante. Descendant jusqu'à 85 mètres sous le sol, ses sept étages
sont dans un excellent état de conser.'} vation. On remarquera surtout les chapelles
et une vaste salle: de réunion. On raconte qu'un tunnel la reliait jadis à Kaymakli,:
Ûrgüp
A 20 kilomètres de Nev~ehir, en plein cœur de la Cappad ce gros bourg de
8 000 habitants environ est joliment situé pied d'un rocher truffé de maisons
troglodytiques, Si le vieux village continue à donner un certain cachet à Ürgü
en revanche les nombreux hôtels, restaurants et magasins quis' sont construits
ces dernières années concourent l'été à n'en fa' qu'un centre touristique comme
les autres. C'est ici par aille que les circuits organisés prévoient le sernpiternel
arrêt chez
marchand de tapis. Soyez vigilant dans ce cas car les prix ont une fâcheuse
tendance, dans la région, à inclure les fortes commissions distribuées aux intermédiaires..,
Pour visiter les environs, tous très proches, il est possible de louer une bicyclette
(voir l'office du tourisme pour plus de renseignements) ou de participer à des
excursions organisées par les agences locales. Mais il est aussi très facile
d'affréter un taxi ou un mini-bus en se mettant d'accord à l'avance de l'itinéraire
et du prix(!) avec le chauffeur.
Gôreme : la route grimpe parmi les collines en suivant un pittoresque
paysage et débouche 7 kilometres plus loin sur une étonnante vallée hérissée
de pics et de champignons: la vallée de Gôreme, transformée en parc national.
C'est dans cet ensemble monastique tout à fait unique que l'on découvre les
plus belles églises rupestres, aménagées entre les XIe et XIIe siècles, de toute
la Cappadoce. Il faut y consacrer au moins deux heures et s'y rendre dès l'ouverture
à 8h30 ou bien à l'heure du déjeuner si l'on veut éviter l'affluence.
Les principales églises, parmi environ 300, ont été scindées en deux groupes,
Dans le groupe 1:
- Elmali Kilise (église de la pomme): c'est la première que l'on remarque
dès l'entrée sur le site; simple, elle renferme des fresques qui représentent
la vie du Christ sous une coupole soutenue par quatre colonnes.
- Barbara Kilise : cette petite église toute proche de la précédente
est considérée d'époque iconoclaste en raison de ces représentations géométriques
fabriquées à partir de terre rouge. Des fresques furent ensuite ajoutées: on
reconnaÎtra parmi elles celle de sainte Barbara.
- Yilanli Kilise (église du serpent): sa fresque représentant saint
Georges terrassant le dragon lui a donné son nom. A côté, on remarquera l'empereur
Constantin et l'impératrice Hélène soutenant la croix.
- Karanlik Kilise (église sombre): on y accède par un escalier
étroit. Cette église est intégrée dans un monastère qui regroupe plusieurs salles
dont un réfectoire décoré d'une fresque représentant la cène ou table et bancs
ont été excavés dans le roc. La chapelle possède des fresques de toute beauté
parfaitement conservées, sur lesquelles on reconnaÎtra la vie du Christ, le
baiser de Judas et différents Evangélistes.
- Carikli Kilise (église de la sandale): belle peintures.
De l'autre côté de la route, les églises du groupe II entourent la principale
d'entre elles, la Tokali Kilisi.
- Tokali Kilisi : la plus captivante de toutes. Avec sa crypte.son
narthex et sa nef principale construits à différentes époques. c'est la plus
grande église de la vallée. Sur la voiite du narthex~ et dans la nef principale,
on a choisi d'immortaliser les scènes.de la vie de Jésus dans des tons de rouge
et vert. Les fresques, de la nef sont consacrées aux saints. .
Une petite route mène ensuite vers d'autres églises; on citent'j essentiellement
l'église Meryemana (sainte Marie) dont l'entrée ressemble à celle d'une grotte.
A l'intérieur belles fresques de la Vierge.
- Ortahisar : à 2 kilomètres de Gôreme, l'aspect pittoresque de' ce
village fortifié creusé d'innombrables habitations aujourd'hui'J abandonnées
justifie qu'on Y fasse halte. Les amoureux d'esca-!, lade pourront se risquer
à tenter son ascension assez difficile;1 belle vue garantie sur les environs.'
- Soganli : au sud d'Ürgüp, cette vallée moins célèbre que celle de
Gôreme cache de fort belles églises rupestres creusées dans les hautes falaises
qui dominent un petit'Cours d'eau. Certaines de leurs fresques sont admirablement
bien conservées et plus particulièrement celles des églises Kubbeli, Ak, Büyük
ou Meryemana , la plus belle, Yilanli, Sakli. Très souvent, les églises sont
fermées à clef; il faut alors se mettre à la recherche du gardien afin de lui
demander qu'il les ouvre.
Ne pas manquer par ailleurs, le village de Yukari Soganli, au fond du second
vallon, si pittoresque avec ses pigeonniers abrités dans le rocher et ou on
pourra pique-niquer dans un cadre tout à fait hors du commun. :
A vanos
Traversé par la rivière Kizilimak, la rivière rouge, le village d' Avanos
s'est taillé une certaine réputation grâce à son artisanat (poteries et albâtre).
On pourra séjourner dans un des nombreux petitsA hôtels ou dans une des pensions
du village et s'initier à lapote-;r rie chez l'un des artisans qui organisent
des stages.
Si la poterie d'Avanos attire les foules, ses environs sont touh aussi attractifs.
.
- Zelve : cette ville aujourd'hui désertée, lovée au fond d'un')' canyon,
enchantera les passionnés d'escalade qui pourront s'en':donner à cœur joie,
à la découverte de ses maisons taillées à même la falaise. En raison des dangers
d'éboulement, on fera particulièrement attention dans la réalisation de cette
balade et on n'omettra pas de se munir d'une lampe de poche pour l'occasion.
La région qui entoure Zelve est celle des cheminées de fée, ces blocs de
roche que l'érosion a transformé en énormes champignons; on lui consacrera de
longues heures de marche afin de s'imprégner de ces paysages irréels oules abricotiers
et la vigne ponctuent le paysage de délicates touches de verdure.
- Cavusin : ce petit village situé à 7 kilomètres d'Avanos n'a
conservé que quelques-unes de ses habitations troglodytiques, la plupart ayant
été détruites au cours d'un éboulement. En revanche, on peut encore Y admirer
l'église Saint-Jean-Baptiste dont les peintures intérieures relatent la vie
du Christ. La fresque de l'abside représente Jésus-Christ avec à ses côtés les
Apôtres Thomas et Barthélémy.
- Avcilar : à 5 kilomètres de Cavusin, le village d'Avcilar se dresse
merveilleusement dans un environnement de cheminées de fée; les nombreux pigeonniers
et les maisons troglodytiques traditionnelles ou résident encore les habitants
donnent à ce village un caractère pittoresque que les amateurs d'authentique
apprécieront.
- Uchisar : à partir d' Avcilar, la route qui part en direction
de Nev~ehir traverse l'un des plus beaux paysages de Cappadoce.
Le village fortifié d'Uchisar que l'on atteint après 3 kilomètres de féerie
mérite lui aussi sa réputation: le panorama que l'on obtient depuis son sommet
principal sur les cheminées de fée et les canyons environnants est époustouflant.
Au coucher du soleil, les teintes y sont plus chaudes encore et les photographies
n'en seront que meilleures.
Aksaray
A la limite de la Cappadoce, la ville d'Akasaray constitue un excellent point
de chute pour partir à la découverte de la vallée d'Ihlara dont elle est séparée
de 45 kilomètres. On utilisera les services d'un dolmus pour s'y rendre ou on
affrétera un taxi si l'on souhaite plus de souplesse dans l'organisation de
son emploi du temps: on pourra ainsi s'arrêter au magnifique caravansérail Agizkara
Han construit au XIIIe siècle sur la piste caravanière qui reliait alors Konya
à Kayseri.
- Ihlara (Peristrema) : il faut consacrer la journée à ce site
enchanteur, ou le cadre naturel formé d'une gorge profonde est en parfaite harmonie
avec ses églises lovées dans la falaise. On prévoira de bonnes chaussures pour
la marche afin de suivre le sentier qui serpente au fond de la gorge et un pique-nique.
Par temps de pluie, la rivière rend la promenade impossible; on se contentera
alors de visiter les principales églises en utilisant les ponts. Toutes ces
églises témoignent de la fervente vie monastique qui se développa ici, même
au temps des razias arabes.
Les plus remarquables sont: l'Agaç Alti Kilise (l'église sous l'arbre), près
de l'escalier, aux peintures primitives, puis l'église aux Jacinthes dont les
peintures sont dans un état excellent. En longeant le sentier, on arrive à la
Pürenli Seki Kilise (l'église à la terrasse), puis à l'église odorante aux fresques
intéressantes.
En revenant vers le pont, de l'autre côté, la Yilanli Kilise (l'église au
serpent) dont le narthex a conservé ses belles fresques; plus loin, l'église
au col noir...
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