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Elle possédait jadis un port qui fit d'elle une grande cité maride la côte égéenne, mais hélas l'ensablement l'a progressi,ent éloignée du rivage qui la vit naitre. Distante de 20 km Kusadasi et de 3 km seulement de Selçuk, la ville antique md dans une vaste plaine alluviale entourée des monts Btilet Panayir, à 8 kilomètres de la mer.

Il est aisé de s'y rendre par ses propres moyens, les dolmus et les taxis ne manquant pas dans la région. Si vous séjournez à Kusadasi, vous n'aurez que l'embarras du choix à moins que vous ne décidiez de vous joindre à une excursion organisée proposée dans touS les hôtelsclubs et les villages-vacances de la station.

Colonisee parles Grecs dès le X siècle av. J.-C., Ephèse, cité ionienne, connut une histoire assez confuse jusqu'au VI siècle avant J .-C. C'est à cette époque qu'elle passa sous la domination des Lydiens de Crésus et qu'elle devint une importante ville commerciale.

Les Perses, avec à leur tête le redoutable Cyrus, entrèrent alors en scène et étendirent leur domination sur l'ensemble des cités ioniennes. Mais Ephèse conserva une attitude réservée au cours du soulèvement ionien contre la domination perse de 500 à 494 av. J.-c., et fut ainsi épargnée lors de la vengeance de l'occupant.

Lorsque Alexandre le Grand arriva à Ephèst: en 334 av. L-C., il fut accueilli en libérateur. A sa mort, la nouvelle ville d'Ephèse fut fondée dans la vallée et développa d'intenses relations commerciales avec l'ensemble du monde méditerranéen.

Lor'sque les Romains prirent les affaires de la cité en main, Ephèse était à l'aube de la période la plus brillante de son histoire: capitale de la province d'Asie, elle en devint le centre commercial, culturel et artistique et sa population s'agrandit considerablement. Les édifices que l'on peut admirer encore aujourd'hui datent pour la plupart de cette période.

Le développement du christianisme fut marqué par l'arrivée des Apôtres saint Paul et saint Jean, et Ephèse acquit alors une nouvelle célébrité bien que la nouvelle religion vint dangereusement concurrencer le culte voué à la déesse Artémis.

A l'époque byzantine, Ephèse était déjà sUI le déclin: son port s'ensablant inexorablement, la ville s'installa dans la citadelle proche de l'église St-Jean. A l'époque ottomane, elle avait déjà perdu toute sa grandeur et elle sombra dans le plus profond oubli.

Ephèse est sans conteste la plus passionnante de toutes les villes antiques du monde méditerranéen!

Nul part, même en Grèce, on ne pourra ressentir avec la même émotion la réalité de cette cité d'un autre âge, parvenue jusqu'à nous pour témoigner de la vie quotidienne du début de notre ère. Même les plus réticents aux vieilles pierres reviendront pleinement enthousiasmés par la visite de la ville antique, à laquelle il faut au moins consacrer toute la matinée. Les environs et la visite au musée de Selçuk rempliront largement le reste de la journée.

On commencera la visite par la porte de Magnésie pour descendre progressivement vers le port afin d'avoir ainsi une vue complète de la cité. Chapeau de soleil conseillé car l'ombre est inexistante.

On passera devant les vestiges de la porte que fit élever Vespasien et qui menait alors au gymnase oriental ou des statues, aujourd'hui au musée, furent découvertes.

On pénètre alors véritablement sur le site par le secteur de l'agora supérieure: agora d'Etat, cet emplacement avait un caractère politique et regroupait les édifices publics. En son centre, se dressait le temple d'Isis qui fut érigé en l'honneur de la visite d'Antoine au 1er siècle av. J.-C.

Au nord de l'agora on a retrouvé les vestiges d'une basilique construite devant les restes de l'odéon, bien reconnaissable à ses gradins et ou 1400 personnes pouvaient prendre place: c'est là que se réunissait le conseil d'Ephèse. Sur le côté ouest de l'agora, se dressait le prytaneion ou brillait le feu sacré de la ville et ou Artémis était vénérée. C'est ici que les archives de l'Etat étaient conservées.

A l'ouest de l'agora supérieure fut érigé le temple de Domitien dont on a retrouvé le buste désormais exposé au musée d'Izmir.

La rue qui menait jadis au temple, vraisemblablement bordée de boutiques, abrite la fontaine de Pollio; elle débouche ensuite sur une petite place d'ou on accède à la rue des Courètes après avoir dépassé le monument dédié à Memmius et la fontaine des Cascades. En descendant cette rue, on ne pourra s'empêcher d'imaginer la population d'Ephèse vaquer à ses occupations quotidiennes, déambulant à l'ombre des fastueuses constructions de marbre, se rendant qui au temple, qui aux bains ou à l'odéon...

Cette rue, bordée de portiques sous lesquels se dressaient des statues, possédait sous ses dalles un ingénieux système de canalisation.

Des monuments qui l'embellissaient, il reste essentiellement ,La magnifique fontaine de Trajan qui date du début du II siècle après J.-c.: elle comportait deux étages atteignant 12 mètres, és de statues dont l'une, monumentale, de Trajan.

Plus bas, un groupement de murs superposés adossés sur les ICS du mont Coressos fait face au temple d'Hadrien. Ces mais constituées de cinq étages en terrasse possédaient des salons és de fontaines, des murs décorés de fresques, ce qui laisse ,oser qu'elles devaient appartenir à de bien importants pernnages.

Le temple d'Hadrien est une petite merveille avec sa raçade richement travaillée. A l'intérieur, l'empereur Théodose . est représenté aux côtés d'Artémis.

Un peu en retrait du temple, donnant sur une rue venant du and théâtre, se dressaient les bains de Scholastique, riche Ephéienne qui les fit construire en 400 ap. J .-C. : on y reconnaÎt les Jinérentes salles et le système de chauffage du caldarium.

Avant d'arriver à l'extrémité de la rue des Courètes, marquée "~Jar la gigantesque bibliothèque de Celsus, on s'arrêtera pour regarder la célèbre maison des Plaisirs (bien qu'on ne soit pas tout à fait sur qu'elle fut réellement une maison close). A l'intérieur, une jolie mosaÏque représentant les quatre saisons a bien :résisté au temps; à voir, juste derrière, les latrines publiques.

La bibliothèque de Celsus est un des monuments les plus tc:élèbres d'Ephèse; sa fabuleuse façade restaurée indique quel ,degré de raffinement l'art éphésien avait atteint au Ile siècle après J.-C. Le bâtiment comportait deux étages qui abritaient de nom:'breux manuscrits placés dans des niches. Le tombeau de Cel~sus, gouverneur de la province d'Asie, fut retrouvé sous la bibliothèque.

La rue de marbre s'ouvre ensuite devant vous: elle mène au grand théâtre, longeant sur la gauche l'agora inférieure. Cette grande place de 100 m sur lJO m, dont trois côtés seulement tétaient pourvus de boutiques, était le marché d'Ephèse.

Le temple de Sérapis, jouxtant l'agora, date lui du Ile siècle , av. J .-C. Son entrée située du côté nord permet d'accéder à la cour du temple; on remarquera surtout les socles des colonnes 'monumentales et la décoration des chapiteaux.

Le théâtre est un événement à lui seul: gigantesque et fort bien conservé bien que restauré, c'est le plus grand des théâtres antiques d'Anatolie. 24000 personnes pouvaient y prendre place. Du haut de ses gradins, belle vue sur la partie basse de la ville et l'ancien port.

Du théâtre, on empruntera la rue du port qui menait, comme son nom l'indique, jusqu'au port antique aujourd'hui disparu.

Cette rue pavée de marbre était bordée de portiques sous lesquels s'ouvraient des boutiques. Elle longe ci droite le gymnase du théâtre et les bains du port construits au Ile siècle av. J .-c.

On se dirigera ensuite vers la sortie en s'arrêtant tout d'abord ci la double église, édifice construit ci l'époque romaine et qui dut servir aux besoins du commerce avant d'être transformé en église au VIe siècle. Deux conciles s'y tinrent et la rendirent célèbre.

On terminera la visite d'Ephèse par le stade d'une longueur de 230 mètres, dont on peut encore deviner les voutes et le gymnase de Vedius qui date du Ile siècle après J.-c.

Depuis la ville antique, on se rendra ci Selçuk, toute proche, afin d'y visiter le musée ou ont été entreposées les plus belles découvertes d'Ephèse.

Mais en chemin, on ne manquera pas de s'arrêter sur l'emplacement du temple d'Artémis, situé sur le côté gauche de la route.

Orienté vers l'Occident et construit en dehors de la ville même, le temple était jadis relié ci Ephèse par une voie sacrée. Les fouilles, qui ont mis ci jour des statuettes d'or, d'argent, de bronze et d'ivoire, ont permis d'établir que les origines de ce temple remontaient ci environ 700 av. J.-C. bien qu'il fUt reconstruit ci plusieurs reprises. Aujourd'hui, ses vestiges épars, souvent inondés, laissent le visiteur bien perplexe et son imagination aura du mal ci recréer la splendeur de ce temple, dont Pline rapporte qu'il était entouré de deux rangées de 127 colonnes et qu'il était considéré dans toute l'Antiquité comme l'une des sept Merveilles du monde!

AUX ENVIRONS

Selçuk : ci 4 kilomètres des ruines, la ville de Selçuk possède de nombreux petits restaurants sympathiques près de la gare ainsi que quelques pensions ou ceux qui souhaiteraient prolonger leur séjour pourront loger ci moindre frais.

Au musée sont exposés les statues, sarcophages, chapiteaux et reliefs qui ont été dégagés au cours des fouilles d'Ephèse.

Des différentes salles, on retiendra surtout la grande salle, ci gauche de l'entrée, ou sont réunies les pièces découvertes dans les maisons du mont Coressos: fresques murales, mosaÏques, statues... On sera surtout séduit par la statuette du dieu Bess retrouvée dans la maison des Plaisirs, par une statue d'Eros du Ile siècle ap. J .-C. et un groupe de bronze d'une grande finesse représentant Eros chevauchant un dauphin (1er siècle ap. J.-C.). Chapiteaux, griffons provenant du monument funéraire de Belevi les pièces majeures de la cour intérieure. Dans la salle conrée ci l'Artémis d'Ephèse: belles statues (des copies) de la déesse dont le culte remonte ci celui de la déesse-mère d'Anato. symbole de fertilité. Le diadème posé sur sa tête symbolise ville d'Ephèse qu'Artémis protégeait.

On continuera ensuite ci pied en se dirigeant vers le nord, en irection de la mosquée d'Isa Bey: cette construction fut érigée .... XIVe siècle; elle est surmontée de deux coupoles sous lesquelles remarque de délicats pendentifs décorés de faÏences.

On poursuivra ensuite la balade vers le mont Ayasuluk. Après ,voir franchi la porte de la Persécution flanquée de deux tours ectangulaires, on aperçoit les vestiges de la basilique St-Jean "" d'après la légende saint Jean fut enterré. C'est vers 400 que t érigée ici une vaste église, que l'empereur Justinien fit améIger en basilique au cours du VIle siècle. Elle était divisée en ois nefs, séparées par deux rangées de colonnes, dont certais ont traversé les affres du temps, et couvertes par six grandes upoles. Au centre, on a relevé l'emplacement du tombeau de l'Apôtre. Poursuivant plus au nord, on remarquera un très beau baptistère.

De la citadelle qui domine la basilique, on jouit d'une jolie rvue sur l'ensemble de Selçuk; a ne pas manquer.

- Meryemana : avant d'arriver ci la maison de la Vierge distante de 8 kilomètres, on s'arrêtera ci la grotte des Sept Dormants afinin de visiter l'église ou furent dégagés,. au centre d'une vaste nécroipole, sept tombeaux que l'on attnbue aux sept dormants.

Cette légende, qui a parcouru l'ensemble du monde méditer1 ranéen, relate comment, vers 250, sept chrétiens persécutés se réfugièrent dans une grotte du mont Pion ou ils s'endormirent. Leurs persécuteurs les y retrouvèrent et firent murer la grotte.

200 ans plus tard, les sept dormeurs se réveillèrent alors que le le christianisme était devenu religion d'Etat. A leur mort, ils furent .. enterrés dans la grotte de leur long sommeil qui devint alors un lieu de pèlerinage. Plus tard, on y construisit une église et on commença ci enterrer les morts ci flanc de montagne, transfor. mant ainsi le site en un vaste cimetière.

A environ 5 kilomètres, sur le mont Solmissos (Aladag), se trouve la maison de la Vierge. On suppose que c'est ci ce même endroit que fut vénérée dans l'Antiquité la déesse Artémis. Quoi qu'il en soit, c'est au XVIIIe siècle qu'une certaine Catherine Emmerich eut une révélation lui indiquant avec exactitude l'emplacement du tombeau de la Vierge. Des recherches furent entreprises et l'on découvrit effectivement les vestiges d'une demeure byzantine. Par la suite celle-ci fut transformée en chapelle et les pèlerinages s'y multiplièrent, regroupant aussi bien chrétiens que musulmans.

Claros : à environ 20 kilomètres d'Ephèse, le site de Claros séduira les insatiables de sites antiques et les amoureux de fabuleux.

C'est ici en effet que se dressait le célèbre temple de Claros ou l'oracle d'Apollon rendait des prophéties qui attirèrent les foules de toute l'Anatolie romaine.

S'il ne reste que quelques vestiges de l'édifice lui-même, les chambres souterraines en revanche sont encore parfaitement visibles, surmontées des traces de ce qui fut un groupe de statues représentant Apollon entouré d'Artémis et de Léto. C'est d'une de ces cellules que les prêtres, cachés des consultants, étaient chargés d'annoncer la prophétie.