Istanbul

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ISTANBUL

Dotée d'une situation géographique exceptionnelle, Istanbul est la ville fascinante de deux continents dont les deux pôles, séparés par le célebre Bosphore, s'ouvrent sur la mer de Marmara.

Principale ville de la Turquie avec ses 5,5 millions d'habitants, Istanbul est répartie en deux zones bien distinctes.

Sa partie européenne, la plus ancienne, est bâtie sur les rives de la Corne d'Or que trois ponts, dont le fameux pont Galata, relient entre elles.

La ville européenne est elle-même scindée en deux parties:

- la vieille ville : l'ancienne Byzance, trois fois capitale de trois empires, qui se situe sur la rive gauche de la Corne d'Or entre la pointe du palais de Topkapi et les anciens remparts gardés par d'énormes portes. Plusieurs quartiers s'y distinguent: Eminonii, pres du pont Galata, Sirkeçi pres de la gare, Su/tanahmet pres de la mosquée Bleue, Beyazit le quartier du grand bazar, Aksaray pourvu d'un échangeur routier et ou pullulent les hôtels de moyenne catégorie... pour ne citer que les quartiers les plus touristiques. En remontant la Corne d'Or, passé les remparts, on atteint les faubourgs de la ville, dont le plus célebre, Eyiip, fut aimé de Pierre Loti.

- Beyoglu : faisant face à la vieille ville dont elle est séparée par la Corne d'Or, elle est répartie en différents quartiers qui s'étagent en hauteur: Karakoy le port, Ga/atasaray le quartier des boutiques de bon gout, Taksim le quartier des banques, des hôtels chics et des boÎtes de nuit.

Sa partie asiatique, résolument moderne quant à elle, se compose surtout des quartiers d'habitations d' Uskiidar et de Kadikoy; elle est reliée à la partie européenne par deux gigantesques ponts suspendus qui enjambent le Bosphore.

Istanbul, principale porte d'entrée de la Turquie, est bien . sur r~liée aux pr!ncipales vill~s d'E~r?pe par avion, mais aussI par le tram et par Voie manritime.

Pour la quitter en direction de l'Anatolie on aura recours par ailleurs à différents moyens de transport:

- l'avion depuis l'aéroport Atatürk situé à 25 km du centre-ville.

- le train: deux gares canalisent le trafic ferroviaire:

Sirkeçi pour les lignes européennes et Haydarpasa pour toutes les lignes d'Anatolie.

- par autocar: les départs et les arrivées se font de plusieurs gares routieres; celles de Topkapi Anadolu et Topkapi Trakya proches des remparts de la vieille ville, et du côté asiatique la gare routiere de Harem.

- par bateau: le bateau-bus permet à tres bon marché de se rendre d'une rive à l'autre du Bosphore, de traverser la mer de Marmara...

Du côté européen, les différents appontements sont situés pres du pont Galata soit à Eminonü, soit à Karakoy; du côté asiatique les départs se font des embarcadères d'Harem et d'Usküdar.

En ville, on se déplace surtout en autobus et en dolmus;ces derniers possedent des terminus bien précis: Taksim, Eminonü, Sirkeçi, Uskudar, Kadikoy et Akasaray.

Nombreux taxis munis désormais de taxi-mètres.

Istanbul se vit autant qu'elle se visite. Perle de l'Orient, c'est f une cité grouillante de vie ou les traces de son passé glorieux se mêlent sans complexe à l'agitation citadine.Il faut au moins consacrer trois jours à la prestigieuse cité, bien qu'un séjour d'une semaine soit idéal pour quiconque souhaite percer son intimité.

Si votre temps est limité, privilégiez la visite de la vieille ville sans oublier la traditionnelle balade sur le Bosphore:

Jerejournee: visite du palais de Topkapi, de la mosquée Bleue, de Sainte-Sophie, de la mosquée Süleymaniye, du musée des MosaÏques et du Grand Bazar.

2eme journée: le bazar égyptien et excursion sur le Bosphore.

3eme journée: le musée de Karye, les quartiers de Beyogl u (tour Galata, Istiklàl Caddesi, Taksim) et d'Eyüp en souvenir de Pierre Loti.

Côté gastronomique, c'est à Istanbul que les gourmands pourront se régaler: on y trouve les spécialités du pays tout entier et les bons restaurants sont nombreux dans tous les quartiers (et en particulier à Akasaray, sur l'Ordu Caddesi). Pour l'ambiance on ne manquera pas d'aller dÎner au marché aux Fleurs ci Beyog/u; pour les poissons grillés et la vue, on déjeunera dans un des villages qui dominent le Bosphore.

Côté hébergement, on choisira de séjourner ci Aksaray ou La/eli, proches du Grand Bazar et du vieil Istanbul pour leurs hôtels moyens, ci Taksim pour ses hôtels de classe internationale: mentionnons particulièrement le Pera Palace situé ci Tepeba~i pour les nostalgiques d'Agatha Christie et de l'Orient-Express...

Le vieil Istanbul

Le palais de Topkapi: on consacrera une bonne demijournée à la visite du sérail; il est possible de déjeuner au restaurant qui se trouve dans son enceinte et qui domine le Bosphore. Tres fréquenté par les groupes, il est préférable d'y arriver tôt si l'on voyage seul.

Le palais est ouvert tous les jours de 9 h 30 il 17 h sauf le mardi.

Au prix du billet d'entrée il faut ajouter une taxe pour les appareils photographiques (sinon laisser son appareil il l'entrée). La visite du harem, pour laquelle il faut acquitter un autre droit d'entrée, se fait en petits groupes accompagnés d'un guide local de JO il 16 h seulement.

Résidence des sultans depuis 1462, le palais actuel, maintes fois agrandi et embelli de nouveaux pavillons, fut habité par les sultans jusqu'en 1839.

On pénetre dans l'enceinte par la cour des Janissaires avant d'arriver il l'Ortakapi, gigantesque porte « du Milieu» que seuls les sultans pouvaient franchir il cheval. C'est ici que se prennent les billets.

Une deuxieme cour agrémentée de jardins mene ensuite à différents pavillons. A droite, se trouvent les anciennes cuisines, gigantesques, il l'intérieur desquelles sont exposées les collections de porcelaines chinoises et européennes qui appartinrent aux sultans. A gauche se dressent les bâtiments du harem, juste derriere le Kubbealti ou se déroulait le conseil des vizirs. C'est là que vivaient, recluses, les épouses et concubines du sultan, sa famille et ses proches. Au cours de la visite de ces lieux chargés de mystere ouaté, on imaginera la vie de luxe et d'intrigues qui était celle des belles soumises...

La visite guidée vous menera dans une succession de pieces décorées pour la plupart de magnifiques faÏences: on traverse d'abord la salle réservée aux eunuques, avant de pénétrer dans les appartements de la reine-mere qui dirigeait véritablement le harem.

Viennent ensuite les appartements du sultan avec leurs bains, un large salon et plusieurs chambres, puis celui du prince héritier.

Une grande cour, la cour des concubines, jouxte la piscine du harem. On termine la visite par le passage de l'Or ou le sultan, nouvellement promu au trône, avait coutume de jeter des pieces d'or à ses femmes.

La sortie du harem se fait directement dans la troisieme cour, ornée de jardins, séparée de la seconde par un pavillon qui s'ouvre grâce il la porte de la Félicité, Bab-i-Saadet: cette partie du palais était réservée aux sultans et il ses proches.

L'histoire de la ville commence véritablement avec l'arrivée des premiers colons grecs, bien que l'on sache qu'une cité, Lygos, occupait t,déjà l'emplacement de l'actuel sérail, dès le le millénaire avant notre ère. Lorsque les Grecs s'y installèrent, ils fondèrent Byzantion qui allait .idevenir Byzance, du nom de Byzas qui dirigeait la colonie et avait 'choisi l'emplacement de Lygos en raison de sa situation géographi'que exceptionnelle.

La ville, grâce à son commerce florissant, devait prendre alors une importance grandissante, mais elle dut faire face à de nombreuses rivalités qui la mirent tout d'abord face aux Perses, avant qu'elle ,ne soit libérée par Pausanias de Sparte, puis face à Philippe de Macédoine (en 340 av. J.-c.), et enfin aux Gaulois qui l'assiégèrent en ,; 279 av. J.-c. Finalement, Byzance se rangea du côté du Romain iPécennus Niger contre Septime Sévère; mais lorsqu'elle fut vaincue par ce dernier en 196, elle dut subir de dures représailles. Sur l'insistance de son fils, Septime Sévère releva cependant la ville de ses ruines en y faisant bâtir de somptueux monuments.

Lorsque Constantin décida de faire de Byzance sa capitale en 324, il lui attribua le nom de Nouvelle Rome et y fit ériger d'autres monuments. Devenue Constantinople, elle prit la tête de l'Empire byzan:" tin alors que Rome était prise par les Barbares.

La ville connut une période appelée «âge d'or> sous l'empereur Justinien (527-565), mais à sa mort les troubles tant extérieurs qu'intérieurs revinrent, allant jusqu'à la terrible querelle des images pend!!nt laquelle on détruisit des œuvres d'art de grande valeur!

Le calme revint sur la capitale avec Basile 1er au cours du IXe siècie: Constantinople développa encore davantage son commerce et s'enrichit considérablement. Mais la paix allait être bien vite menacée par les hordes turques qui commençèrent à percer les lignes byzantines. Les croisades traversèrent à plusieurs reprises la capitale byzantine, mais la quatrième ne se contenta pas d'y transiter: les Croisés pillèrent la ville et y prirent le pouvoir en 1204, créant l'Empire latin d'Occident. En 1261, Michel Paléologue parvint à reconquérir la cité, qui dut bien vite faire face aux Turcs: les Ottomans, avec à leur tête Mehmed le Conquérant, installés à Edirne, ne lui laissèrent guère de répit et Constantinople, épuisée par plusieurs mois de siège, dut s'avouer vaincue en 1453. Istanbul était née.

Devenue capitale de l'Empire ottoman, la ville se développa et s'embellit: les églises furent transformées en mosquées, des palais, des fontaines, des bains et des mosquées prestigieuses surgirent grâce, entre autres, au génie de l'architecte Sinan... Elle vécut aussi les intri(/ gues du Palais et les révoltes des Janissaires.Symbole de l'Empire, elle perdit son rang de capitale à la déclaration de la République faite par Mustafa Kémal en 1923, au profit d'Ankara.                                  

La salle d'audience, construite face à la porte, permettait au sultan de recevoir les ambassadeurs sans que ceux-ci aient à penétrer dans les parties privatives du palais. Juste derrière, on remarquera la bibliothèque d'Ahmet III.

Courant tout autour de la cour, les différents bâtiments abritent désormais des expositions. Sur le côté droit, la salle du Trésor est constituée d'une enfilade de pièces ou sont exposés les biens et joyaux les plus précieux de l'Empire. On admirera surtout la salle des émeraudes et le célèbre diamant Kasikçi de 86 carats.

Les autres salles d'expositions, beaucoup moins clinquantes, sont consacrées aux miniatures et portraits, à l'horlogerie, aux vêtements impériaux, aux saintes reliques.

On passe ensuite dans la quatrième cour ou l'on pourra se rendre au café-restaurant du palais. Une terrasse, sur la droite, permet en outre de jouir d'une vue admirable sur le Bosphore.

Différents kiosques, tous plus charmants les uns que les autres, furent construits dans les jardins surplombant le Bosphore et la Corne d'Or.

En sortant du palais de Topkapi on pourra aller jeter un coup d'œil à l'église Ste-Irène, l'une des églises les plus vénérées de Constantinople et qui se dresse au fond de la cour des Janissaires.

En se dirigeant à droite de la cour des Janissaires en sortant de Topkapi, on arrive aux musées Archéologiques qui méritent une longue visite. Scindés en plusieurs sections, ils sont ouverts tous les jours de 9 h 30 à 17 h.

Le musée de l'Ancien Orient regroupe des objets et antiquités recueillis aux quatre coins de l'Empire ottoman du temps de son apogée et de sa domination sur l'Egypte, l'Assyrie, la Mésopotamie... Belle collection également d'antiquités hittites et ourartéennes. Le musée des Faïences, installé dans le kiosque Çinili, retiendra les amateurs de céramiques. Le musée des Antiquités expose les œuvres maÎtresses de différentes époques: hellénistique, lycienne, romaine et byzantine. A voir absolument pour ses sarcophages, ses sculptures qui proviennent des sites antiques que vous aurez l'occasion de visiter au cours de votre périple (Halicarnasse, Milet, Didymes, Pergame, etc.)

De retour dans la cour des Janissaires, on se dirigera vers la porte principale du Sérail, Bab-i-Hümayun.

De l'autre côté de l'enceinte, on remarquera une admirable fontaine, celle d'Ahmet III. Avant de se diriger vers Sainte-phie, on ne manquera pas de se promener dans l'ancien quartier rénové qui se trouve à droite de la porte Bab-i-Hümayun: les maisons de bois de jadis y ont retrouvé tout leur charme et 1toutes leurs couleurs. Certaines de ces maisons transformées en hôtels offrent à leurs hôtes un séjour tout en nostalgie dans un cadre du début du siècle.

La basilique Sainte-Sophie : construite sous le règne de l'empereur Justinien à l'emplacement de l'ancienne église épiscopale de Constantinople, Sainte-Sophie fut achevée en 548. Elle demeura la plus grande église de la Chrétienté, jusqu'à la prise , de Constantinople par les Turcs, date à laquelle elle fut transformée en mosquée. C'est seulement sous Atatürk qu'elle devint un musée. Elle est ouverte au public tous les jours de 9 h 30 à 17 h, sauf le lundi.

D'aspect lourd, le bâtiment central surmonté d'une gigantesque coupole est surprenant, vu de l'extérieur, avec, pointant vers le ciel, ses quatre minarets, ajoutés au xve et XVIe siècles.

Lorsqu'on franchit l'enceinte de la basilique, on remarque tout d'abord les rares vestiges de l'église construite sous Théodose " II (404-415). Puis on pénètre dans l'édifice par l'exonarthex, avant de passer dans le narthex: remarquez au-dessus de la triple porte royale, une très belle mosaÏque représentant le Christ en majesté.

Par la porte royale, on entre ensuite dans la nef centrale couverte par la coupole de 31 m de diamètre construite à 55 m du sol. Elle repose à l'aide de quatre grands arcs sur quatre gigantesques piliers. La construction d'un tel dôme ne fut pas sans poser de problèmes aux architectes de l'époque: il s'écroula au cours du séisme de 559 et il fallut le reconstruire; sous l'empereur Basile II, de nouvelles restaurations furent nécessaires, ainsi qu'au cours du XIVe siècle.

L'effet est écrasant et on ne peut qu'être saisi à la vue d'une telle réalisation, même si la froideur des lieux ne suscite guère le recueillement. La nef centrale fut pourvue d'un mirhab ainsi que d'un minbar et d'une loge pour le sultan lorsque la basilique fut transformée en mosquée. Elle communique avec les côtés par une colonnade qui se répète à l'étage supérieur; à l'angle nord-ouest du bas-côté de gauche, on ira voir la colonne suante, d'ou l'eau suinte sans arrêt et qui était réputée exaucer les vœux.

Les tribunes situées à l'étage ont conservé leurs fines mosaÏques, dont certaines sont plus célèbres que d'autres: la Déisis (fin du XII siècle) représentant la Vierge, le Christ et saint Jean Baptiste; la mosaÏque de l'impératrice Zoé, celle d'Alexis Commène, etc.

En quittant la basilique, on lèvera les yeux au-dessus de la «belle porte» afin d'admirer la splendide mosaÏque représentant la Vierge Marie et l'enfant Jésus, entourés de l'empereur Justinien offrant la maquette de Sainte-Sophie et de l'empereur Constantin, la ville de Constantinople.

On se dirigera ensuite à pied, en traversant la place Sultanahmet et ses jardins, jusqu'à la mosquée Bleue * * qui dresse ses six minarets face à Sainte-Sophie.

La mosquée doit son véritable nom, Sultan Ahmed, au sultan qui la commanda à l'architecte Mehmet Aga au début du XVIIe siècle. Elle fut construite à l'emplacement des anciens palais byzantins. Son intérieur à dominante bleue, ce qui lui valut son surnom, dégage une harmonie qui prête au recueillement. Très beaux mihrab et minbar de marbre.

En sortant de la mosquée, on parcourera la courte distance qui la sépare du musée des Mosaïques * * * situé juste derrière, à l'emplacement même de la voie pavée qui ralliait l'ancien grand palais de Constantinople. Parmi les mosaÏques qui ont été dégagées, on remarquera les belles scènes de chasse, des portraits, des combats d'animaux... A voir absolument.

On reviendra ensuite vers la mosquée Bleue afin de voir la place de l'Hippodrome qui s'étend juste devant.

C'est à cet endroit même que fut construit l'hippodrome de Septime Sévère. Constantin le fit agrandir en 324: il pouvait alors contenir jusqu'à 60 000 spectateurs. Le grand palais fut ensuite érigé le long d'un de ses côtés.

Aujourd'hui, il ne reste plus rien de l'ancien champ de course qui fut le centre animé de Constantinople, mais aussi le théâtre de

révoltes dont la plus célèbre reste celle des Janissaires. On y verra la colonne Serpentine provenant du sanctuaire d'Apollon à Delphes, amenée par l'empereur Constantin dans sa capitale, et l'obélisque originaire du temple de Karnak en Egypte, que Théodose fit transporter jusqu'ici.

A côté du palais de Justice, se dresse, à l'ouest de l'hippodrome, le sérail d'Ibrahim Pasa qui abrite désormais le musée des Arts Turcs et Islamiques (ouvert de 10 h à 17 h sauf le lundi).

L'architecture du palais est en elle-même intéressante et on y verra, en outre, de magnifiques collections remontant des Seljoukides à l'art ottoman.

On ne quittera pas cette partie du vieil Istanbul sans aller voir la Citerne-Basilique qui se trouve à l'extrémité de Divan Y olu, la grande avenue qui débouche sur la place Sultanahmet.

Cette ancienne citerne souterraine, édifiée depuis le VIe siècle, possède quelque 336 colonnes coiffées de chapiteaux corinthiens de toute beauté, qui se reflètent dans l'eau, dans une atmosphère étrange et fascinante.

En remontant Divan Yolu, on atteint rapidement les quartiers animés de la vieille ville, proches du grand Bazar.

En chemin, sur le côté droit de l'avenue, on remarquera la colonne brilée ou Çemberlitas, érigée par Constantin le Grand, puis la mosquée Nuruosmaniye, à laquelle on accède par la rue Vezirhani.

On arrive ensuite au Grand Bazar dont les rues adjacentes bordées de boutiques grouillent d'une foule compacte.

Ouvert tous les jours de 9 h à 19 h, sauf le dimanche, le Grand Bazar est un monde à lui tout seul: ses centaines d'échoppes et de boutiques sont toutes plus fascinantes les unes que les autres, et il est bien difficile de résister à la tentation. Ce vaste marché couvert est découpé par un dédale de rues appartenant chacune à un corps de métier: on y trouvera donc le quartier des orfèvres, celui des marchands de tapis, celui des métiers du cuir, etc.

L'ambiance d'excitation fébrile du bazar est tout à fait propice à pousser le pauvre touriste, sans cesse sollicité, à la dépense...

Mais l'atmosphère qui y règne mérite à elle seule qu'on s'y attarde: on y croisera les petits vendeurs d'eau ou de thé, les cireurs de chaussures, etc.

On peut entreprendre, si l'on n'a pas peur de se perdre, la traversée de bout en bout du Grand Bazar: en suivant la rue principale du marché couvert, qui se nomme successivement Sipahi Sok, Yagcilar Caddesi, Orücüler Kapisi Sok, on débouçhe sur l'Uzun Carsi Caddesi qui se termine dans le quartier d'Eminônü, face à la moquée de Rüstem Pacha.

Les moins entreprenants rebrousseront chemin, afin de se diriger vers le quartier de Beyazit ou se dresse la mosquée du même nom, construite au XVIe siècle.

Sur la vaste esplanade qui borde la mosquée, l'ancienne université est dominée par la tour de Beyazit. Les pigeons de la place sont presque aussi célèbres qu'elle et on ne resistera pas à l'envie de leur acheter quelques graines aux petits vendeurs qui les proposent. Juste à côté, le musée de la Calligraphie retiendra les amateurs.

Le vaste complexe de la mosquée Süleymaniye se dresse derrière l'esplanade de Beyazit, face à l'Université.Chef-d'œuvre de l'architecte Sinan et plus bel édifice islamique d'Istanbul, la mosquée commandée par le sultan Süleyman fut érigée entre 1550 et 1557. Elle est entourée de divers bâtiments comprenant entre autres un hospice et un hammam. Le corps même de la mosquée se dresse au centre d'une vaste COur plantée d'arbres.  La gigantesque coupole s'appuie sur quatre énormes piliers et donne à l'édifice un effet de grandeur surprenant. En sortant de la mosquée, on s'arrêtera pour voir le mausolée de Soliman.

Du quartier de la Siileymaniye, on rejoindra Eminônii et le bazar égyptien : c'est là que vous pourrez vous rendre acquéreur de pistaches, d'amandes et de toutes sortes d'épices, mais aussi de loukoums, de fruits séchés, de vanneries, de tissus, etc.Juste à côté se dresse la Yéni Cami*, face au pont Galata.

D'une grande élégance, cette mosquée possède un intérieur décoré de faÏences colorées. Vue intéressante du haut de ses escaliers sur l'agitation du port.

Eyüp

Depuis le pont Galata, on pourra embarquer à bord d'un bateau et remonter la Corne d'Or afin de se rendre à Eyiip. Des jardins ont été réaménagés sur les bords de la rivière à l'exemple de ceux qui, jadis, séduisirent Pierre Loti. En arrivant à Eyiip, on sera guidé par les minarets de la mosquée. Lieu de pèlerinage pour les musulmans, le tombeau d'Eyüp, l'ami de Mahomet tombé lors d'une attaque contre Constantinople, est remarquable autant pour sa décoration extérieure que pour ses faÏences intérieures. Le cimetière mérite également une petite visite avec ses tombes et ses stèles qui occupent un vaste territoire.

Enfin, on ne manquera pas d'aller prendre un thé au célèbre café de Pierre Loti qui se trouve au sommet de la colline, derrière la mosquée. Jolie vue sur la Corne d'Or.

Les remparts d'Istanbul

Les passionnés d'histoire byzantine se devront de faire la longue balade des remparts qu'ils effectueront en partie en taxi tantles anciennes fortifications sont longues. Elles se déploient en effet de la Corne d'Or à la mer de Marmara sur près de 7 km.

Les remparts de Constantinople furent plusieurs fois repoust'tés en fonction de l'agrandissement de la ville. Ceux que l'on bdécouvre aujourd'hui se dressent à l'endroit même de ceux que forcèrent les Turcs en 1453. Ils furent ensuite plusieurs fois restaurés sous l'Empire ottoman., Plusieurs portes permettent de franchir les remparts; proche de l'Edirnekapi, on ne manquera surtout pas d'aller visiter

SaintSauveur in Chora (ou Kahriye) transformée en musée, (dans un quartier de vieilles maisons en bois peu à peu restaurrées. Vous y verrez les plus belles mosaÏques et fresques médiévales d'Istanbul., Le monastère de Saint-Sauveur in Chora était situé sur la septième colline de Constantinople non loin de l'ancien palais des ,Blachernes. L'édifice actuel fut érigé au XI' siècle par la bellekmère de l'empereur, Marie Doukaina. Plusieurs fois aménagé au cours des siècles suivants, il fut reconstruit au début du XIV siècle par Théodore Météochite. A la suite de la prise de la ville par les Turcs, le monastère fut transformé en mosquée et les fresques et mosaÏques, dont la majorité datent du XIV' siècle, furent alors recouvertes de badigeon ou de panneaux de bois, et donc protégées.

Beyoglu

Cette partie la plus récente d'Istanbul correspond à l'emplacement de l'ancienne Pera créée par les Génois. Plus tard, elle prit le nom de Galata en raison des populations galates qui y résidèrent, et elle devint un centre d'échanges commerciaux. Sous l'Empire ottoman, Beyoglu se développa, devenant le quartier des ambassades et des résidents étrangers qui cherchaient à obtenir des concessions.

Afin d'arriver jusqu'à la place Taksim, on se dirigera tout d'abord vers la tour Galata du haut de laquelle on obtient une superbe vue sur l'ensemble de la Corne d'Or et la mer de Marmara. Erigée à l'emplacement d'une ancienne tour byzantine, la tour actuelle fut construite au XIV' siècle par les Génois.

Actuellement, elle abrite un night-club célèbre pour sa danse orientale.

On continuera la promenade par l'Istiklal Caddesi à partir de la place du Tune. C'est ici le terminus du pittoresque funiculaire qui grimpe la colline depuis Galata. L'lstiklal Caddesi est une rue grouillante de vie, bordée de beaux magasins, de cinémas, de pâtisseries. C'est là que se trouvent, le consulat de France, le lycée de Galatasaray ou l'on enseigne en français et le marché aux fleurs, ce passage si animé ou les étalages fleuris côtoient les petits restaurants populaires. Ceux qui apprécient l'ambiance des guinguettes y viendront dÎner le soir dans une atmosphère des plus sympathiques. Dans les rues adjacentes, se tient, dans la journée, un beau marché ou l'on vend toutes sortes de produits alimentaires.

La place Taksim, que l'on atteint au bout de l'Istiklal Caddesi, n'a guère de curiosités à présenter au voyageur: elle est le centre du nouvel Istanbul ou sont concentrés la plupart des banques, des compagnies aériennes et des hôtels de luxe.

De la place Taksim, on pourra se rendre en taxi ou en bus au palais de Dolmabahace, construit dans un style baroque sur la rive du Bosphore par le sultan Abdul Mecid au milieu du XIX siècle. C'est dans ces murs que mourut Atatürk en 1938.

Les rives du Bosphore

Au cours de la traditionnelle balade sur le Bosphore, vous aurez tout le loisir d'admirer les monuments que s'y firent construire les sultans au cours des siècles.

Séparant la rive asiatique de la rive européenne, ce long couloir de plus de trente kilomètres égraine de magnifiques paysages ou se sont nichés de pittoresques villages, et plus récemment, les belles maisons des riches habitants d'Istanbul.

Il faut compter 6 heures aller/retour depuis le pont Galata pour effectuer la promenade à bord d'un des bateaux qui remontent le Bosphore, s'arrêtant aux différents ports situés sur chaque rive.

On pourra y faire escale tout à sa guise, et reprendre le bateau suivant après avoir visité les points d'intérêt et s'être régalé de poissons grillés dans un des nombreux restaurants des bords du Bosphore.

Après avoir dépassé, sur la rive européenne, le palais de Dolmabahaçe que jouxte le musée de la Marine, on aperçoit sur la rive asiatique le quartier d'Üsküdar avec la mosquée ~msi Pa~a et les deux minarets de la mosquée Mihrimah.

Les jardins de Yildiz, avec leurs kiosques de marbre blanc et de gracieux pavillons construits au XIX" siècle, défilent bientôt sur la rive européenne, puis le bateau passe au-dessous du gigantesque pont suspendu qui relie l'Asie à l'Europe: on remarquera la mosquée Ortakoy du XVII siècle.

On pourra s'arrêter du côté asiatique pour visiter le palais de Beylerbeyi, ancienne résidence d'été que le sultan Abdul Aziz se fit construire au milieu du XIX siècle, situé dans un superbe jardin: c'est ici que résida l'impératrice Eugénie lors de sa visite en 1869. Reprenant le bateau, on verra un peu plus loin, à Çengelkôy, le jardin de la Tour qui domine le détroit. A Kandili, toujours du côté asiatique, on remarquera le palais de Goksu construit par le sultan AbdiiImecit au XIX siècle.

Le bateau continue sa course: du côté européen, se dressent les impressionnantes murailles de RumeU Hisar, qu'il est possible de visiter. Elles furent érigées par Mehmet II en 1452 afin d'empêcher tout renfort occidental d'arriver jusqu'à Constantinople. Face au château, sur la rive asiatique, l' Anadolou Hisar, beaucoup plus ruiné car antérieur à Rumeli Hisar, fut réaménagé par Mehmet II afin de renforcer la défense du Bosphore, puis laissé à l'abandon.

Passée le deuxième pont, la rive européenne s'égaie alors de charmantes bourgades et de petits villages accueillants comme celui de Büyükdere qui a conservé quelques maisons en bois et Sariyer, ou on terminera la balade dans un des excellents restaurants de poissons du port.

Les Îles des Princes

Ceux qui disposeraient de beaucoup de temps pourront faire l'agréable excursion en bateau sur la mer de Marmara qui permet de s'arrêter dans la principale de ces Îles, Büyük Ada, située à une vingtaine de kilomètres d'Istanbul. Des bateaux assurent cette liaison depuis Karakôy. Lieu de villégiature, l'Île possède de jolies petites plages ou on pourra se baigner. Ici, les voitures n'étant pas autorisées, c'est en fiacre que l'on fera le tour de l'Île et que l'on ira voir les différents monastères qui y furent construits.