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KA YSERI
Située à 1000 mètres d'altitude, l'ancienne capitale de la Cappadoce, dominée
par les 3 916 mètres de l'Erciyes Dagi, n'est plus aujourd'hui qu'une tranquille
ville agricole qui a su néanmoins conserver toute la richesse de son artis::tnat
célèbre, celui du tapis.
On peut se rendre à Kayseri en avion au départ d'Istanbul ou d'Ankara. Plusieurs
trains desservent également la ville depuis Ankara, Sivas, Erzurum et
Adana, mais c'est l'autocar qui remporte la palme de la fréquence et de la rapidité
en reliant Kayseri à Ankara, Istanbul, Ürgüp, Nevsehir, Konya, Malatya etc.
C'est dans les environs de Kayseri, à Kiiltepe, que
l'on a découvert les traces d'une ancienne capitale hittite qui laissent supposer
que le site même de Kayseri fut occupé depuis fort longtemps.
La cité n'apparaÎt cependant dans l'histoire qu'avec
la domination romaine sous le nom de Cesaree, alors qu'elle était devenue la
capitale de la Cappadoce. Sous l'Empire byzantin, elle connut un certain développement
religieux lié à son évêque, saint Basile, qui y vécut au IVe siècle. Après avoir
souffert des raids arabes qui sévirent dans la région, Césarée de Cappadoce
tomba aux mains des Seljoukides à la fin du XI siècle, devenant ainsi ta capitale
d'un émirat important jusqu'à l'arrivée des troupes de Tamerlan au milieu du
XIIIe siècle. Elle devint par la suite indépendante sous la houlette d'un gouverneur
mongol jusqu'à ce qu'elle soit conquise par les Karamanides, puis par les Ottomans
qui l'occupèrent à partir du XVI siècle.
Tranquille bourgade qu'anime son artisanat du tapis, Kayseri peut faire l'objet
d'une éti\Pe si l'on envisage de se mettre à la recherche d'un tapis de SOIe,
la spécialité locale, ou si, venant de l'ouest, on prévoit de se rendre dans
l'Est du pays. En revanche, le voyageur qui ne souhaiterait pas aller au-delà,
se contentera d'effectuer la visite de Kayseri et de ses environs au cours d'une
seule journée, avec pour point d'attache un des hôtels des villages mieux équipés
de Cappadoce.
On commencera l'approche de Kayseri par la citadelle autour de laquelle sont
regroupés la plupart des monuments dignes d'intérêt. Celle-ci se dresse au centre
de la ville: elle fut à l'origine érigée par l'empereur Justinien, puis fortifiée
par les Seljoukides et remaniée au cours des siècles suivants. Encore bien conservée,
elle est composée de blocs taillés dans la lave du volcan Erciyes et dominée
par d'imposantes tours. Le bazar qui s'est installé juste à côté mérite que
l'on s'y attarde pour son atmosphère et ses étalages colorés. En suivant la
rue principale du marché couvert, le Bedesten, on débouche sur la Grande Mosquee,
l'Ulu Cami, du XIIIe siècle. Tout proche, se dresse le Vizir Hani, un ancien
caravansérail.
En revenant vers la citadelle, on se dirigera vers la place principale de
la ville, la vaste place Cumhuriyet, afin d'y voir la Sahibiye Medresesi, une
ancienne école coranique transformée aujourd'hui en musée. Derrière l'école,
on remarquera les vestiges d'un hypogée romain.
Après avoir traversé la place en direction de la citadelle, on s'arrêtera
au Huant Medresesi, une autre école de théologie que jouxte la mosquee Huant
Hatun. Beaucoup plus loin, en longeant la rue Talas, on arrive au Dôner Kümbet
distant d'environ un kilomètre: c'est un magnifique mausolée du XIIIe siècle,
de forme cylindrique, à la décoration exceptionnellement fine.
Tout près on ira jeter un coup d'œil au Sirçale Kümbet, un autre mausolée
construit au XVe siècle et qui jadis était recouvert d'un toit pyramidal.
On terminera la visite de Kayseri p'ar son musee Archeologique situé non
loin de là: excellente préparation à la visite de Killtepe, ce musée présente
un effet les objets qui furent découverts au cours des fouilles entreprises
sur ce site et en particulier les célèbres tablettes recouvertes d'écriture
cunéiforme attestant de l'introduction de l'écriture en Anatolie.
- Kültepe : à une vingtaine de kilomètres de Kayseri gisent les
ruines de l'ancienne Kanesh que le temps n'a pas ménagée. Il ne reste à vrai
dire que peu de traces de l'ancienne cité hittite si ce n'est son tumulus qui
témoigne de l'importance de la ville qui jadis s'étendait ici.
Il faudra donc beaucoup d'imagination au visiteur pour essayer de retracer
la vie de cette antique cité. Les fouilles entreprises à Kültepe ont permis
de mettre à jour des tablettes, dites cappadociennes, couvertes d'écriture cunéiforme
et qui attestent de la présence dans la ville d'une colonie de marchands assyriens
vers 1900 av. J.-c. On sait également que Kanesh fut certainement détruite au
cours d'un incendie grâce au témoignage de murs de briques vitrifiées que l'on
peut voir dans le champ de fouilles.
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