Kusadasi

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KUSADASI

Ville fétiche du grand tourisme, Kusadasi est sans doute la station balnéaire la plus connue de toute la Turquie. Agréablement située au fond d'une baie que baignent les eaux chaudes de la mer Egée, Kusadasi a connu un développement extraordinaire ces dernières années grâce ci l'afflux de touristes venus du monde entier: elle est désormais synonyme d'hôtels-clubs, de discothèques, de boutiques en tout genre...

Bien qu'elle n'ait aucune curiosité particulière ci offrir au voyageur, Kusadasi, proche des grandes villes antiques de Dydimes, Priène, Milet et Ephèse, mais aussi des côtes grecques de Samos, constituera un excellent port d'attache pour ceux qui souhaiteraient rayonner dans la région.

Il est très facile de se rendre ci Kusadasi depuis Izmir grâce aux nombreux services d'autocar qui relient les + deux villes; des liaisons existent également avec Denizli, mais pour les environs on aura recours aux dolmus qui desservent Ephèse et Sôke.

Kusadasi, l'Île des oiseaux, a hérité son nom de l'Îlot, désormais relié ci la ville par une digue, qui se profile non loin du port. La forteresse du XV siècle, qui s'y trouve, et le caravansérail transformé en hôtel de luxe, qui se dresse en plein centre ville, sont les seuls témoignages du passé de Kusadasi, bien que l'on sache qu'elle fut connue dès l'Antiquité.

Se loger ci Kusadasi ne présente aucune difficulté tant les établissements sont nombreux: si les plus grands se trouvent ci l'extérieur de la ville, bâtis le long de plages privées, on trouve ci Kusadasi beaucoup de petits hôtels et de pensions bon marché.

Côté gastronomie, on appréciera surtout les restaurants des quais ou les poissons sont un vrai régal.

L'excursion qui mène aux sites de Didymes, Priène et Milet est tout ci fait réalisable en une seule journée, même par les transports en commun: on prendra tout d'abord un dolmus pour Sôke, puis un autre pour Priène. De Priène, des dolmus desservent Milet, et de Milet on se rendra ci Didymes. Bien sur, cet itinéraire demande du temps... et parfois de la patience.

Ainsi les plus pressés choisiront-ils la solution de l'excursion organisée et les plus indépendants celle du véhicule affrété qui limitera les attentes. Par ailleurs, les plus gourmands n'hésiteront pas ci sacrifier du temps pour le déjeuner qu'ils prendront ci Didymes, ou de bons petits restaurants situés juste ci côté du temple offrent des menus de qualité et de succulents poissons grillés (ci découvrir de préférence après la visite du temple.

AUX ENVIRONS

Priène

A 40 km de Kusadasi, l'antique Priène plonge tout à coup le vacancier dans un autre monde, celui d'une ancienne cité grecque du IV siècle avant J .-C.

Etablie bien longtemps avant par les Ioniens, Priène souffrit de la vengeance perse après la rebellion des cités membres de la Confédération ionienne dont elle faisait partie; elle fut totalement détruite et il fallut attendre le IV" siècle avant notre ère pour qu'une nouvelle cité soit érigée. Beaucoup plus proche de la mer qu'aujourd'hui, la ville se développa, s'alliant à Athènes, appartenant par la suite aux Séleucides, aux rois de Pergame, puis aux Romains. Mais son activité maritime déclinant en raison de l'éloignement progressif du rivage du à l'ensablement du port de Nauclos, Priène perdit petit à petit de l'importance.

On consacrera environ deux heures à la découverte de la cité. Celle-ci était entourée de remparts percés de quatre portes et ses rues dallées répondaient à un quadrillage parfait, orientées selon les points cardinaux, et pourvues d'un ingénieux système de canalisation.

Une fois passée l'entrée du site, on se dirigera vers le théâtre qui a conservé son aspect hellénistique d'origine; pouvant contenir jusqu'à 5 000 spectateurs, il fut construit en plusieurs temps comme le montrent encore ses différentes structures.

Du théâtre, en se dirigeant vers l'ouest, on ira voir les maisons formidablement bien conservées qui durent appartenir aux personnages fortunés de Priène.

En revenant vers le théâtre, on prendra une rue sur la droite menant au temple d'Athéna: c'est Alexandre qui fit achever la construction de ce temple ionique, dont on reconnaÎtra une partie de la colonnade; une statue de la déesse devait se trouver en son centre si l'on en juge les fragments qui y furent découverts.

En prenant ensuite la rue face au théâtre, on longe les ruines du gymnase avant d'arriver au bouleutérion, salle ou se réunissait l'assemblée. Construit au II" siècle avant J.-c., avec des gradins sur trois côtés, c'est le monument le mieux conservé de Priène. On remarquera surtout l'autel aux têtes de taureaux.

.Juste à côté, se trouvait le prytanée ou siégeait le gouvernement de la ville.Face à ces deux monuments, on reconnaÎtra le portique sacré: long de 116 mètres et large de 12 mètres, il comportait quelque 149 colonnes alignées sur deux rangées. De.l'autre côté de l'allée, se trouvait l'agora, vaste terrasse ide 76 mètres sur 35, entourées de colonnes: c'est là que se trai1taient les affaires de la ville, alors que le marché, beaucoup plus l, petit, se tenait à l'écart, non loin de là.

En continuant par la voie qui sépare l'agora du portique sacré, ',on atteint la porte de l'ouest. En revanche si l'on se dirige vers . le sud, on débouche sur des escaliers qui mènent au gymnase infé.. rieur ou l'on verra la cour centrale réservée à l'entraÎnement et différentes salles.

Milet

A 63 kilomètres de Kusadasi mais seulement à 26 km de Priène, Milet est aujourd'hui un tranquille village situé dans la plaine alluvionnaire du Büyük Menderes, appelé jadis le Latmos, qui a, au fil des ans, éloigné l'antique cité du rivage de la mer Egée.

Milet fut célèbre dans l'Antiquité pour ses quatre ports et sa riche cité qui déployaient une intense activité sur l'ensemble du monde méditerranéen. Elle fut l'une des villes les plus importantes de la Confédération ionienne, colonisant elle-même des terres lointaines ou elle portait son fructueux commerce maritime. Philosophes et savants s'y établirent apportant à la ville une aura intellectuelle qui se répandit dans toute l'Antiquité.

Ce fut Milet qui prit l'initiative de déclencher la rébellion des cités ioniennes contre les Perses, ce qui lui valut la terrible répression de l'occupant au cours du V. siècle av. J .-C. : Milet fut totalement anéantie, et il fallut attendre l'arrivée d'Alexandre le Grand pour que la ville renaisse de ses cendres.

Les Romains en firent une cité libre et la ville reprit une certaine activité, s'embellissant de monuments. Plus tard, elle reçut la visite de quelques apôtres dont saint Paul.

Devenue byzantine, elle eut à redouter les incursions des pirates qui sillonnaient la mer Egée. Petit à petit, l'ensablement progressif de ses ports la détachant de l'accès à la mer, Milet perdit toute possibilité de commercer et elle sombra dans la léthargie des grandes villes abandonnées.

Il faut compter plus d'une heure de visite pour voir l'essentiel de la cité dont les ruines sont tres étendues.

Dès l'entrée, on est saisi par le gigantesque théâtre de 15000 places qui se dressait jadis face à la mer. Cette admirable construction d'origine hellénistique fut restaurée par les Romains, et on n'aura aucun mal à y imaginer la représentation des pièces antiques qui devaient s'y donner, tant le décor est bien conservé.

La ville elle-même déroule ensuite son dédale de rues qui en fit, lors de sa construction, un exemple d'urbanisation.

En descendant vers ce qui fut le rivage, on aboutit bien vite à l'ancien port dont l'entrée était marquée par deux lions; un monument commémorant une victoire navale, qui y avait été dressé, a été restauré.

En revenant vers l'agora, on remarquera la présence d'un sanctuaire dédié à Apollon, le delphinion. Puis on se dirigera vers la voie Sacrée: magnifique avenue dallée, elle était bordée d'un portique qui permettait d'accéder au gymnase et aux thermes de Capito; l'agora du nord occupait un de ses côtés. Plus loin, le bouleutérion permettait à 1 500 personnes de se rassembler.

On arrive ensuite à l'agora du sud totalement ruinée que l'on contournera afin d'aller voir les thermes de Faustine, construits au Ile siècle ap. J.- C. par Faustine, l'épouse de Marc-Aurele, et qui ont conservé leurs belles structures.

On reviendra vers l'entrée du site, en dépassant le stade et les ruines du temple d'Athéna.

Didymes

A 20 kilomètres de Milet, le temple de Didymes fut le sanctuaire le plus célèbre de la côte égéenne. Consacré à Apollon, il drainait des foules immenses qui venaient y consulter l'oracle.

C'est vers le VIle siècle avant  J .-c, que fut érigé le premier temple qu'une nouvelle construction engloba au cours du VIe siècle et une statue du dieu y fut installée. Pendant la terrible répression perse sur les cités ioniennes révoltées, le temple fut totalement détruit et c'est Alexandre le Grand qui entreprit sa reconstruction. Jamais véritablement terminée, l'œuvre prit alors l'aspect impressionnant qu'elle a conservé aujourd'hui. Les Byzantins, ayant proscrit tout culte paÏen, la transformèrent par la suite en église chrétienne.

Lieu sacré, Didymes ne fut jamais habité et seuls les prêtres au service de la divinité y séjournaient.

Apollon, dieu du Jour et de la Lumière, de la Guérison et de la Divination, inspirait la Pythie qui pouvait prédire alors l'avenir. Si Apollon se déplaçait de Didymes à Claros ou à Delphes, c'est Dyonisos qui inspirait la Pythie pendant son absence.

Les fidèles qui venaient la consulter devaient au préalable s'être purifiés avec l'eau du puits sacré et s'être acquittés d'une taxe. On sacrifiait ensuite un animal que l'on aspergeait auparavant d'eau froide. Si l'animal ne réagissait pas, la consultation était ajournée.

La question du consultant une fois exprimée, les prêtres se dirigeaient vers la prophétesse qui entrait en transe et donnait, sous le couvert de paroles obscures, l'oracle que les prêtres se chargeaient de traduire.

Le temple que l'on peut voir aujourd'hui a conservé l'aspect qu'Alexandre le Grand lui donna lors de sa reconstruction.

Il apparaÎt bien imposant, de nos jours encore, mais sa visite ne prendra pas plus d'une demi-heure.

On y accédait par la voie Sacrée qui le reliait à Milet, on se purifiait d'abord au puits situé juste devant, avant de pouvoir y pénétrer par l'escalier que l'on utilise encore de nos jours.

Le pronaos sur lequel on débouche était la partie publique du temple: c'est là en effet que les consultants attendaient la réponse de l'oracle. Au fond deux portes menaient à l'adyton, sorte de cour intérieure à ciel ouvert ou seuls les prêtres pouvaient se rendre. Elle permettait d'arriver au saint des saints, là ou étaient rédigés les oracles...

Samos

De nombreuses agences de voyages à Kusadasi organisent des excursions de la journée pour l'Île grecque de Samos. Les bateaux partent le matin et reviennent en fin d'après-midi.