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LA LYCIE (de FETHIYE à FINIKE)
Cette sauvage péninsule du sud-ouest de l'Anatolie comprise entre Fethiye
et Phaselis fut jadis appelée Lycie.
Bien que l'état de ses routes se soit considérablement amélioré, cette région,
à l'arrière pays montagneux et souvent difficile d'accès, reste peu visitée.
Ce qui est fort dommage car c'est sans doute la partie de la côte méditerranéenne
qui possède le plus de charme: on y découvre en effet la beauté de falaises
plongeant dans des eaux d'un bleu profond, formant çà et là des criques ou la
nature a conservé tous ses droits, des sites presque oubliés ou l'on se sent
dans une intime harmonie avec le passé...
On peut arriver en Lycie par Fethiye comme par Finike et relier les deux
villes entre elles, en s'arrêtant le long de la côte à la découverte de ses
curiosités.
Fethiye est proche de l'aéroport de Dalaman (Mugla) et des services d'autocar
sont assurés avec Izmir et Marmaris. Finike est reliée par autocar à Antalya.
C'est sans conteste le bateau qui permet d'obtenir l'approche la plus complète
de la Lycie et on ne saurait que trop recommander de privilégier ce moyen de
transport à tout autre. Des croisières sont organisées tout l'été à bord de
goélettes à la découverte de cette fantastique région, au départ de Bodrum ou
de Marmaris, et font escale aux abords des sites les plus importants, comme
dans les criques les plus désertes.
De nombreux centres d'intérêt sont cependant accessibles par la route, depuis
Fethiye, Kas et Finike ou l'on choisira de séjourner. De ces différentes villes,
les dolmus vous mèneront jusqu'aux portes des villes antiques les plus renommées.
Fethiye
L'antique Telmessos n'est plus aujourd'hui qu'un joli petit port abrité au
fond d'une baie parsemée d'Îles. De nombreux hôtels permettent d'y séjourner
agréablement, et il est aisé d'y trouver un bateau à affréter pour des balades
le long des côtes.
On verra surtout le tombeau d'Amyntas , accroché sur la falaise et taillé
dans le roc: d'influence grecque, il dut être creusé
Les fouilles de Karatas-Semahôyük ont montré que la Lycie fut peuplée dès
le troisième millénaire, bien qu'elle n'apparaisse dans l'histoire de l'Occident
qu'au cours de la guerre du Troie.
C'est au VII siècle av. J .-c. que la première colonie fut fondée â Phaselis
alors que se développait parallèlement la puissance lydienne.
Très fortement influencés par la civilisation grecque, les Lyciens se rangèrent
du côté grec lors de l'invasion perse, mais ils obtinrent de conserver une certaine
indépendance lorsque ces derniers s'installèrent en Anatolie. Ceci permit â
la Lycie de réaliser son unification sous la houlette du seigneur de Limyra,
Péricès.
Alexandre le Grand conquÎt la Lycie en 333 av. J-C., mais il n'apporta pas
de grands changements dans la conduite des affaires de la région. CuIturellement,
en revanche, la Lycie subit de profonds bouleversements, puisque l'écriture
lycienne ne fut plus employée après la conquête d'Alexandre.
Après sa mort, la Lycie resta d'abord aux Macédoniens avant d'échouer entre
les mains des Ptolémées qui la c0nservèrent pendant plus d'un siècle. Les Séleucides
la dominèrent au cours de leur conquête de l'Asie Mineure avant que Rome ne
la mette sous le contrôle de Rhodes en 188 avant notre ère. Les Lyciens se liguèrent
alors en une fédération, manifestant ainsi leur antipathie contre Rhodes, ce
qui leur permit, par la suite d'obtenir leur indépendance. Une période de troubles
débuta â partir de 88 av. J .-c. avec l'occupation de la région par le roi du
Pont, Mithridate 1. Puis ce furent au tour des corsaires de se manifester et
de piller les villes Iyciennes. Mais cette instabilité devait s'arrêter sous
Auguste avec l'intégration â l'Empire romain.
L'époque impériale fut pour la Lycie une période de prospérité sans pareil:
elle s'enrichit considérablement et ses villes se couvrirent de monuments; ceux
que l'on peut admirer encore aujourd'hui datent pour la plupart de cette époque.
En l'an 141 ap. J .-c., malheureusement, un violent tremblement de terre endommagea
la plupart des villes mais celles-ci se relevèrent. En revanche, le tremblement
de terre de 240, dont les pillards profitèrent, fut fatal â la contrée qui sombra,
â "exception de Myra, dans l'oubli le plus complet.
au IV siècle av. J.-c. si l'on en juge à son style ionien. Tout près du tombeau,
on remarquera d'autres tomhes Iyciennes. Jolie vue sur la baie.
En redescendant vers la ville on s'arrêtera pour voir les vestiges de la
citadelle, peu importants. A voir dans les environs:
- Ôlü Deniz : c'est la plage à la mode de la Lycie. Il faut dire
qu'elle a de quoi séduire les amateurs: lagon ombragé dominé par la montagne,
longue plage de sable, eau merveilleusement tiède... Les hôtels et les campings
n'y manquent pas!
La route vers Ka~
Entre Fethiye et Kas, la côte fourmille de vestiges et de points de vue admirables.
La route traverse, parfois difficilement, de belles forêts de pins odorants.
On s'arrêtera tout d'abord à Pinara, situé à quelque 45 kilomètres de Fethiye.
- Pinara : de la route principale, on accède au village de Minare, via
Gülmez, par une route sinueuse que tous les dolmus ne pourront monter; si tel
est le cas du vôtre, il vous faudra continuer à pied (prévoir de bonnes chaussures).
Sur le massif rocheux situé à l'arrière de la ville antique, furent creusés
des centaines de tombeaux. Ce massif, qui jadis constituait l'acropole, regroupe
à ses pieds les vestiges d'édifices privés et officiels construits sur une terrasse.
En face de la ville, au pied d'un autre massif rocheux, se trouvent les vestiges
du théâtre de Pinara, bien conservé, précédés des ruines d'un bain.
- Letoon : tout proche de Xanthos, une petite route précédant
le village de Kinik vous mènera jusqu'au site.
Letoon était un des sanctuaires les plus vénérés de la Lycie.
Trois temples y ont été découverts dédiés respectivement à Léto, Artémis
et Apollon: on peut encore en voir les traces. Le théâtre d'origine grecque
qui a été dégagé se trouve plus à l'est; sa scène a disparu. Le site lui-même
s'étend au-delà mais des eaux souterraines l'ont envahi et limitent la visite.
- Xanthos : capitale de la Lycie, l'antique Xanthos est accessible à
partir du village de Kinik. C'est l'un des sites les plus importants de la côte
bien que ses vestiges ne nous soient pas parvenus dans un excellent état.
Xanthos devint capitale de la Lycie au deuxième siècle avant Jésus-Christ
lorsque la Ligue lycienne se fut constituée, mais c'est sous l'occupation romaine
que la ville s'embellit de magnifiques monuments. C'est ainsi que la visite
du site se partage en deux parties: d'une part l'acropole Iycienne que l'on
remarque sur une hauteur et l'acropole romaine, plus vaste, située au nord de
l'acropole Iycienne.
Une fois franchie la porte de la ville, on dépasse l'emplacement du monument
des Nérides qui a laissé quelques vagues traces, puis on arrive en longeant
le sentier à l'acropole lycienne entourée des restes de murailles d'époque grecque
ou byzantine.
Après avoir contourné le théâtre romain on se dirige vers le monument des
Harpies, certainement le plus important du sit.;.
Parmi trois monuments funéraires, le pilier des Harpies est reconnaissable
à son monolithe installé sur un tombeau ou sont représentées la famille défunte
et des sirènes (le relief n'est qu'une copie de l'original qui se trouve au
British Museum).
Juste derrière, s'étend l'agora: près de son angle oriental, on remarquera
la «stèle Inscrite », pilier recouvert d'inscriptions en langues grecque et
lycienne.
- L'acropole romaine situee plus au nord est entourée de murailles à
l'intérieur desquelles on remarquera les vestiges d'une église byzantine.
- Patara: à Il kilomètres de Xanthos, l'ancienne Patara ne retiendra
que les inconditionnels de vestiges lyciens. Elle fut l'une des villes les plus
importantes de la Ligue Iycienne en raison de son port et de ses activités commerciales.
Aujourd'hui, elle lutte contre l'ensablement qui a fait disparaÎtre son port,
mais elle a conservé un arc de triomphe, son théâtre et son réservoir à grains.
Ka~*
Pittoresque village de pêcheurs, Ka~ est devenu une station balnéaire prisée
de ceux qui souhaitent s'éloigner des grands centres touristiques.
Elle est bien reliée à Fethiye et à Finike par de fréquents autocars. On
pourra donc séjourner sans difficulté dans l'un des hôtels ou l'une des sympathiques
petites pensions qui ne cessent de s'y ouvrir.
Ka~ même ne possède plus guère que les ruines d'un théâtre antique pour rappeler
au visiteur qu'elle fut jadis l'Anthipellos lycienne. Mais ses alentours méritent
qu'on s'y attarde tant la contrée est prodigieusement belle: laissez-vous tenter
par une balade en bateau qui vous mènera à la grotte Bleue, ou encore jusqu'à
l'ancien village de Kalkan qui devient progressivement une station balnéaire
de choix ou encore jusqu'à Patara. Les pêcheurs vous proposeront également d'aller
passer une journée à la découverte des Îles et des criques avoisinantes, ou
vous pourrez vous baigner et pique-niquer dans un décor paradisiaque.
A voir dans les environs:
- Kerova : perles de la côte, la baie de Kerova et l'Île du même nom
doivent être approchées en bateau si l'on veut profiter à la fois de la grâce
des sites et des joies de la mer. Une jour-
née entière est nécessaire depuis Ka~, mais on peut également s'y rendre
depuis Andriaka.
On pourra plus difficilement y accéder par la route en empruntant un des
mini-bus qui relient Ka~ au village d'Ücagiz, ou de simples pensions et quelques
restaurants retiendront les amateurs de tranquillité: il faut ensuite louer
une barque sur le port afin de partir à la découverte de la baie.
Celle-ci est un ensemble parfaitement harmonieux d'Îles et d'Îlots, dont
certains portent encore les traces d'habitations alors que d'autres ne possèdent
plus que des ruines englouties que l'on peut encore admirer dans la transparence
des eaux: au cours de la balade, vous serez séduit par de petits ports lovés
dans la côte montagneuse, par l'antique Simène dominée aujourd'hui par un château
médiéval ou vous ferez escale, par les nombreux vestiges byzantins de l'Île
de Kekova...
la Confédération Iycienne. Très étendues, ses ruines se trouvent derrière
l'actuel bourg de Demre: ses tombeaux rupestres constituent l'intérêt principal
de la cité. Certains d'entre eux sont ornés de reliefs ou portent des inscriptions.
Juste à côté se trouve le théâtre romain dont la cavéa fut en partie taillée
dans le rocher; il a conservé quelques rangées de gradins, ses vofites et sa
scène dont quelques reliefs attestent de sa richesse d'ornementation.
Finike
- Apollonia : sur la route de Finike en direction de Kekova,
il faut se rendre au village de Kilinçli puis marcher environ 20 minutes en
direction de la colline ou fut construite l'antique cité.
Apollonia, ancienne ville fortifiée, a conservé certains pans de sa muraille.
Au cours de la visite, on remarquera surtout des sarcophages et monuments funéraires,
des bains semblables à ceux de Pamphylie bien que de dimensions plus réduites,
un petit théâtre assez bien conservé proche des ruines d'une église byzantine.
Ultime étape en Lycie, Finike est un chaleureux petit port de pêche que le
tourisme n'a pas encore trop perverti!
On y trouve néanmoins quelques hôtels et restaurants qui sauront satisfaire
les amateurs d'authentique qui souhaiteraient se consacrer à la visite de ses
environs.
La ville est reliée par autocar à Antalya.
A voir dans les environs:
Demre (MYRA)
- Limyra : à seulement quelques kilomètres de Finike en direction
de Kumluca, Limyra est accessible par une petite route qui passe par Turunçova.
L'antique cité devint célèbre lorsque Périclès en fit la capitale de la Ligue
Iycienne. De ce passé glorieux il ne reste que bien peu de traces: un tombeau
à caryatides remontant au IVe siècle av. J .-c. construit au nom de Périclès
y a été retrouvé, mais ses 'éléments sculptés furent transportés au musée d'Antalya.
On peut en voir l'emplacement à flanc de colline.
En revanche l'occupation romaine y est encore nettement visible grâce notamment
à son théâtre qui a conservé des rangées de gradins.
A une trentaine de kilomètres de Finike, cette fertile région vit la naissance
de la légende de saint Nicolas. On raconte en effet qu'au IVe siècle de notre
ère, l'évêque de la ville et futur saint Nicolas fit un don de pièces d'or à
de pauvres jeunes filles sans dot. La légende en fit le patron des jeunes filles,
puis des enfants et, à sa mort, les pèlerins affluèrent pour se recueillir sur
sa tombe. Certains furent tentés par ses reliques et déroberent son corps au
XIe siècle. Le culte de saint Nicolas fut par la suite associé aux cadeaux et
c'est ainsi qu'il est toujours suivi dans l'Est et le Nord de l'Europe.
De cette période a subsisté l'église St-Nicolas qui, détruite au VIe siècle,
a été reconstruite au XIe siècle et restaurée. Des sarcophages des ne et Ille
siècles y furent utilisés comme matériaux.
Mais la célébrité de Demre ne s'arrête pas là: Demre, c'est avant tout l'antique
Myra qui fut l'une des villes principales de
- Arikanda : située en dehors de la zone côtière, sur la
route qui va de Finike à Elmali, dans une superbe région montagneuse, c'est
la ville Iycienne la mieux préservée des outrages du temps.
On y consacrera au moins deux heures.
Très étendues, les ruines de la cité sont surtout regroupées autour d'une
terrasse située au pied du rocher «Sahinkaya». On y reconnaÎtra sur la terrasse
supérieure, le stade dont on remarque la piste, qui domine le théâtre construit
sur une terrasse inférieure dans un décor magnifique. De style grec, il est
fort bien conservé et surplombe lui-même l'odéon auquel on accédait par trois
entrées. De là, on parvient à l'agora dont on suppose qu'elle fut davantage
utilisée comme place publique que commerciale
en raison du peu de boutiques qu'on y a retrouvées. Des vestiges laissent
également penser qu'un petit sanctuaire fut érigé dans l'agora.
- Olympos : situé sur la rive occidentale du golfe d'Antalya, entre
Kerner et Adrasan, la cité antique d'Olympos fut l'une des plus importantes
de la Ligue lycienne. Elle fut construite sur les deux pentes d'une vallée au
fond de laquelle coule un ruisseau qui a été canalisé en approchant de la mer.
Les vestiges les plus intéressants, proches du ruisseau, retiendront surtout
les passionnés de vieilles pierres: une nécropole, les vestiges d'un temple
dont on reconnaÎt la porte, le théâtre...
- Phaselis : on terminera la découverte de la Lycie par
le site de Phasélis situé à la limite de la Pamphylie, au bord de mer, dans
un cadre tout à fait agréable.
S'il est aisé de s'y rendre par la route depuis Finike, en direction d'Antalya,
il est encore plus agréable d'y arriver par la mer en prenant un bateau à Kerner.
Ville grecque, dominée ensuite par les Perses, elle n'adhéra à la Ligue lycienne
que vers 150 av. J .-c. avant de devenir un repaire de corsaires que Rome devait
anéantir par la suite.
Les vestiges que l'on peut voir aujourd'hui datent presque tous de l'époque
romaine.
Tirant sa subsistance de la mer, Phasélis possédait trois ports:
on peut encore deviner le port principal avec ses digues affleurant à la
surface de l'eau. Sur la pente nord-ouest de l'acropole, on verra le théâtre
avec sa scene et ses gradins, et au pied de l'acropole, du côté sud, parmi la
végétation, des constructions plus nombreuses; on remarquera la rue reliant
le port principal au port méridional, l'agora commerciale, l'agora de Domitien.
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