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LA PAMPHYLIE (golfe d'Antalya)
Une semaine de séjour à Antalya est nécessaire si l'on veut découvrir les
sites les plus importants de l'antique Pamphylie, qui sont disséminés dans toute
la région du golfe d'Antalya.
C'est à partir du VIlle siècle av. J.-C. que la côte
commença à être colonisée par des peuplades venues de l'ouest anatolien. La
première Pamphylie vit le jour avec l'érection de Perge, Aspendos, Side, Phaselis,
puis elle passa sous contrôle lydien au cours du VIe siècle. Après la défaite
de Crésus contre les Perses, la Pamphylie fut dominée par le nouvel envahisseur
jusqu'à ce qu'Alexandre le Grand la conquière en 334 av. J.-C. tout en laissant
aux cités leur souveraineté. A la mort du grand conquérant, la région fut disputée
par les Séleucides, les Ptolémées d'Egypte et les Attalides, détenteurs du royaume
de Pergame. Ces derniers sortirent vainqueurs de cette querelle territoriale
sans pour autant réussir à contrôler toutes les villes, à l'exemple de Side.
L'arrivée des Romains permit une réunification de la région qui profita alors
d'une grande prospérité dès la fin du ne siècle avant J .-c. Les cités se couvrirent
alors des fabuleux monuments que l'on peut encore voir aujourd'hui.
Cette grande période de gloire et de richesse passée,
la Pamphylie subit, à l'époque byzantine, de nombreux raids arabes, puis les
attaques des corsaires de Rhodes, Venise et Gênes, avant d'être visitée par
les Croisés, puis conquise par les Turcs.
Perge
A seulement 15 kilomètres d' Alanya,le visiteur sera déjà plongé dans l'histoire.
La plupart des vestiges sont bien conservés et témoignent de l'importance qu'eut
cette grande cité sous la domination romaine à partir du Ile siècle av. J .-C.
Elle adopta le christianisme dès le IVe siècle et en devint l'un des foyers
actifs.
Comptez 2 heures de visite environ.
On commencera la visite par le théâtre que l'on découvre, construit à flanc
de colline et formidablement bien conservé. Il pouvait contenir 15 000 spectateurs.
Le stade, dont on obtient une vue d'ensemble du haut des gradins du théâtre,
mesure 234 m de long sur 36,5 m de large. Il était utilisé à la fois comme arène
et comme stade.
Une allée conduit ensuite vers la ville basse ou sont réunis les t>âtiments
principaux. Passée la porte romaine, on dépasse sur la gauche les ruines d'une
fontaine ou nymphée avant d'arriver aux thermes: leurs belles salles ont gardé
leurs pavements et leurs piscines. Les statues qui les ornaient sont désormais
exposées au musée d'Antalya.
Sur la droite, on remarquera ensuite l'emplacement de l'agora:
ce marché était orné de colonnes formant un portique sous lequel étaient
alignées les boutiques. On peut encore y voir les restes de quelques beaux chapiteaux.
Juste à côté de l'agora, se dresse encore la porte hellénistique, puissante
construction qui garde l'accès de la voie à portiques: cette dernière impressionne
le visiteur avec ses colonnes, qui, jadis, formaient un portique sous lequel,
on imagine, s'ouvraient maisons ou boutiques. A son extrémité, l'arc de Demetrius
et Apollonius livre accès à l'acropole que l'on atteint après avoir dépassé
une fontaine; à gauche un sentier mène au gymnase qui montre des pans de murs
encore bien conservés.
Sillyum
A 24 kilomètres de Perge, les vestiges de Sillyum dominant le village de
Y ankôy, moins visités que ceux des autres cités antiques voisines, intéresseront
cependant les passionnés d'archéologie qui pourront lui consacrer une heure.
On prévoira de bonnes chaussures car le chemin qui y mène est assez rude, et
un chapeau de soleil car l'ombre y fait défaut. Se méfier des éboulements de
la falaise.
La porte de la ville, qui s'ouvre entre deux tours carrées, permet d'accéder
à la ville basse dont les monuments datent pour la plupart de l'époque byzantine.
La ville haute, qui lui fait suite, a surtout conservé une forteresse d'époque
seljoukide et un très beau portique duquel on peut encore admirer les façades
de maisons hellénistiques.
Aspendos
A 45 kilomètres à l'est d'Antalya et à 35 kilomètres de Perge, Aspendos un
des plus beaux théâtres romains que l'on puisse voir. A ne surtout pas manquer.
Aspendos fut l'une des premières villes fondées en
Pamphylie, puisqu'on sait Qu'au y siècle av. J.-C. elle appartenait aux Perses.Occupée
par Alexandre, elle devint, comme ses rivales, une riche cité grâce à la domination
romaine.
Le célèbre théâtre d' Aspendos se dresse encore presqu'intact à l'entrée
du site. Construit au Ile siècle de notre ère, il pouvait contenir jusqu'à 20
000 spectateurs. L'ensemble est impressionnant: la scène, jadis revêtue de plaques
de marbre, est fort imposante et les gradins qui lui font face, divisés en deux
parties distinctes, sont surmontés d'une partie voutée formant une large galerie.
La ville elle-même est beaucoup moins intéressante mais on n'hésitera pas
à y faire une promenade: rebroussant chemin vers l'entrée on reconnaÎtra les
thermes, puis de là on se dirigera vers l'acropole. Des bâtiments de la ville,
il reste quelques traces de l'agora et de ses boutiques, une fontaine de 15
mètres de hauteur et une belle bâtisse qui servit de basilique. Mais c'est surtout
l'aqueduc situé au-delà de la porte nord qui mérite le coup d'œil; il apportait
l'eau des environs à la cité et est encore fort bien conservé.
Side
Situé à 73 kilomètres d'Antalya, mais à 65 kilomètres seulement d'Alanya,
Side n'est pas seulement un site mais c'est aussi une petite station balnéaire
en pleine croissance. On pourra Gonc séjourner dans l'un des hôtels du village
ou dans un des villagesvacances installés, un peu à l'extérieur, le long d'une
agréable plage, ou tout simplement y déjeuner dans un des restaurants installés
face à la mer.
Side appartint au royaume séleucide après la mort d'Alexandre
le Grand et fut à cette époque réputée pour son marché d'esclaves. Devenue romaine,
elle connut alors son heure de gloire avant de devenir un foyer important du
christianisme. Elle sombra dans l'oubli après les nombreux raids arabes Qui
la ravagèrent à partir du YII siècle.
Vaste cité admirablement bien située sur un promontoire, Side présente une
physionomie très dispersée, ses monuments ayant été mêlés au cours des ans à
la ville moderne. Une demi-journée est nécessaire pour visiter l'ensemble.
Une fois franchis la porte de la ville et les remparts d'époque hellénistique,
aujourd'hui effondrés, la route continue vers le musée, dépassant une fontaine
monumentale d'ou l'eau coulait jadis de trois grandes niches.
Le musee: cet ancien bain romain aménagé en musée mérite une visite pour
les sculptures qui y sont exposées, et surtout pour les vestiges même des anciens
thermes qui ont conservé leur sol de marbre.
Face au musée, l'agora, ou l'on peut imaginer le marché aux esclaves, était
entourée de portiques dont il reste des fragments de colonnes. Des latrines
publiques y furent aménagées contre le mur du théâtre.
A l'est du marché, un bâtiment restauré, le palais, retiendra l'attention:
sa large cour entourée de galeries possède encore sur un côté les vestiges de
trois salles décorées de colonnes de marbre. A l'intérieur, de nombreuses niches
témoignent de la présence de statues, et dans la niche centrale fut retrouvé
le buste d'un empereur romain. On suppose que cet édifice servait au déroulement
de cérémonies publiques.
Jouxtant l'agora, le théâtre * * est sans conteste le clou de la visite:
dans un excellent état de conservation, il est construit sur des arcades non
adossées à la colline; celles-ci comportaient à l'origine deux étages, mais
il ne subsiste plus aujourd'hui que leur partie inférieure. Les gradins pouvaient
accueillir jusqu'à 20000 spectateurs, et de leur sommet on jouit d'une vue imprenable
sur l'ensemble de Side.
La route traverse ensuite le village ou les véhicules sont interdits à la
circulation. Les colonnes qui la bordent marquent le tracé de la voie antique
qui menait du nord de la ville au port.
Chemin faisant, on remarquera les vestiges d'une église byzantine et les
thermes du port avant d'arriver aux temples d'Athéna et d'Apollon: cet ensemble
dédié aux deux divinités n'a conservé que les restes de colonnes et des chapiteaux
de styles ionique et corinthien qui les coiffaient, la plupart des matériaux
ayant été réemployés pour la construction d'une église à l'époque chrétienne.
On terminera la visite de Side par le temple de Men, étrange construction
que l'on atteint en suivant le bord de mer et qui fut érigée en l'honneur du
dieu anatolien de la Lune.
Termessos
Située ci 34 kilomètres d'Antalya en direction de Burdur, la montagne a su
ici préserver son caractère farouche ci l'image des Pisidiens qui fondèrent
l'antique Termessos. Même Alexandre le Grand ne put les asservir véritablement...
Alliée de Rome cependant, la cité connut son apogée au cours des Ile et IIIe
siècles après J .-C.
En raison de la chaleur, il est recommandé d'effectuer la visite des ruines
le matin de bonne heure, puis de continuer vers Kemer ou l'on pourra déjeuner.
Se munir de bonnes chaussures (broussailles, caillasses).
Une petite route vous mènera au site depuis la route principale via le village
de Korkuteli.
Dans un cadre naturel de toute beauté, Termessos s'annonce dès la route par
une porte qui devait en être l'entrée principale.
Derrière le parking, on pénètre ensuite dans la ville proprement dite.
La voie royale, assez effacée, qui s'ouvre devant le visiteur le mène jusqu'au
gymnase après avoir dépassé les restes d'une porte qui, semble-t-il, surveillait
les entrées vers la ville haute.
En suivant la voie royale, diverses constructions retiennent l'attention:
une maison, des citernes, etc.
En prenant sur la gauche, on dépasse ensuite un portique appelé la stoa d'üsbaras,
derrière lequel s'étendait l'agora, et on débouche sur le théâtre * *. Celui-ci
constitue l'œuvre maÎtresse de Termessos: petit mais joliment situé dans son
cadre naturel, il fut construit sous l'occupation grecque puis remanié par les
Romains.
Au sud du théâtre, le bouleuterion, reconnaissable ci ses hauts murs et ci
ses gradins, jouxte les temples de Zeus et d'Artémis.
Rebroussant chemin vers la voie royale, on se dirigera vers la nécropole,
fort impressionnante avec ses tombeaux et ses sarcophages bouleversés par le
temps et les tremblements de terre. Ne pas hésiter ci grimper en haut de la
colline pour bénéficier d'une vue imprenable sur le site et la région.
Kermer
A une quarantaine de kilomètres d'Antalya, ce charmant village en plein développement
touristique, séduira pour quelques temps encore, du moins faut-il l'espérer,
ceux que l'agitation des grandes stations balnéaires effraie. Blottis au pied
de la montagne et protégés par des pins, le village et ses récents villages-vacances
longent une belle plage qui n'a pas été défigurée par le tourisme de masse:
bien que l'essor de cette station ne fasse aucun doute, le cadre naturel y est
respecté. Ceux qui n'y séjourneront pas, se contenteront d'y déjeuner mais ne
manqueront pas de se baigner dans les eaux bleues de la Méditerrannét"
et de profiter des plaisirs d'un farniente tout ci fait contemporain...
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