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PERGAME (BERGAMA)
Située à 103 kilomètres d'Izmir et à quelques kilomètres de la côte égéenne,
la Pergame contemporaine est une tranquille bourgade agricole, que dominent
les vestiges de la ville antique.
Il est facile de se rendre à Pergame en autocar depuis Izmir ou Ayvalik,
ou l'on fera de préférence etape, compte tenu du peu d'hôtels, souvent complets,
dont dispose la ville.
On consacrera surtout beaucoup d'attention à l'acropole qui mérite au moins
deux heures de visite, mais les voyageurs disposant de davantage de temps ne
manqueront pas d'aller voir l'asclépieion et le musée.
L'acropole: une route grimpe jusqu'en haut du plateau qui domine toute la
vallée; un taxi vous y mènera sans difficulté.C'est là que s'élevait la ville
grecque que les Romains agrandirent par la suite.La porte Royale marque l'entrée
principale de la ville dont les vestiges n'ont pas été épargnés par le temps.
Non loin de là, sur la gauche le temple d'Athéna a conservé sa large cour jadis
bordée de portiques. A l'est, se dressait la célèbre bibliothèque qu'Eumène
Il fit ériger, mais dont les ruines sont aujourd'hui bien peu explicites, de
même que celles des palais royaux et du temple de Trajan situés au-delà et dont
il ne subsiste que des traces bien décevantes.
Le théâtre en revanche, construit sur la pente ouest de la colline, a pu
conserver son aspect imposant. Ses rangées de gradins et sa loge royale dominent
la plaine et offrent une vue spectaculaire sur le paysage environnant.
Juste à côté du théâtre se trouvait le temple de Dionysos. De là, on se dirigera
vers l'autel de Zeus consacré à la gloire des Attalides, puis à l'agora supérieure.
Les plus sportifs pourront entreprendre la descente à pied dans la vallée en
traversant le champ de ruines, tout en suivant l'ancienne voie antique: au cours
de leur promenade, ils verront tour à tour le temple de Déméter, érigé au début
du Ille siècle avant notre ère, le gymnase d'époque romaine et l'agora inférieure
ou se traitaient les affaires publiques.
Arrivés en bas de la colline, ils auront ainsi rejoint la route de l'acropole
et la ville nouvelle.
L'asclépieion: situé à l'opposé de la ville actuelle, l'asclépieion était
un sanctuaire dédié au dieu guérisseur Asclépios dont le culte fut introduit
d'Epidaure à Pergame vers le IVe siècle avant notre ère. Les malades y venaient
jadis en pèlerinage mais y recevaient également des soins et s'y divertissaient.
Le temple, d'origine grecque, détruit, fut rebâti par les Romains qui y installèrent
une école de médecine.
Une fois passée l'entrée du site, en suivant la voie sacrée qui reliait le
sanctuaire à la ville, on arrive sur la cour romaine et les propylées; une porte
gigantesque permettait d'accéder au sanctuaire.
Haut-lieu de la civilisation hellénistique, l'antique Bergama fut fondée
par un lieutenant d'Alexandre le Grand, Lysimaque, qui contrôla la région après
la mort du grand conquérant. Il y fit ériger une forteresse et y cacha un trésor
qu'il confia à Philétère. Celui-ci le lui déroba et prit le pouvoir lorsque
Lysimaque fut vaincu par Séleucos en 281 avant notre ère.
A la mort de Philétère, son neveu Eumène le' lui succéda, puis ce fut au
tour d'Attale le' (241-197) d'accéder au pouvoir de cette nouvelle dynastie.
Bergama commença alors à se développer, mais c'est sous le règne de son fils,
Eumène II, que le royaume de
Pergame prit une réelle expansion tant économique que culturelle, bénéficiant
de la protection de Rome.
La civilisation de Bergama fut célèbre dans toute l'Antiquité. IIfaut dire
qu'elle possédait beaucoup d'atouts: des ressources importantes, un commerce
florissant, une flotte maritime puissante et enfin un développement artistique
très poussé. La notoriété de sa bibliothèque fut même jalousée par l'Egypte
qui interdit l'exportation de parchemin vers Bergama. C'est alors que les savants
de Bergama mirent au point le célèbre parchemin «pergamen».
C'est finalement Attale III (138-133) qui légua son royaume aux Romains.
Ceux- ci firent alors de Bergama la capitale de la province d'Asie: celle-ci
se couvrit des plus prestigieux monuments et connut une grande prospérité. La
petite histoire raconte comment
MarcAntoine offrit la célèbre bibliothèque de Pergame à Cléopâtre...
L'antique cité cependant amorça un réel déclin à partir du lue siècle ap.
J .-C. : byzantine, elle fut prise par les Turcs, puis par Tamerlan qui la pilla
entièrement.
Juste à côté se dressait la bibliothèque ou était rendu le culte à l'empereur
Hadrien.
Le portique nord, qui a conservé quelques-unes de ses colonnes, conduit ensuite
au théâtre ou environ 3 ()()() pèlerins venaient assister à des représentations
qui facilitaient leur guérison.
Restauré, il sert aujourd'hui à abriter le festival de la ville.
Face au théâtre, la vaste cour a conservé, à l'angle sud-ouest, les traces
de latrines et en son centre une fontaine hellénistique.
En revenant vers les propylées, on s'arrêtera pour voir les vestiges du temple
de Télésphore, auquel on accède par un tunnel, encore très bien conservé: de
forme circulaire, c'est dans ce temple que les fidèles venaient dormir afin
que la divinité leur indique, en songe, les remèdes qui leur apporteraient la
guérison.
Juste à côté, le temple d'Asclépios, de plan circulaire égaIement, était
la partie la plus sacrée du sanctUaire: construit en 150 après J.-C., il est
fort endommagé.
On ne quittera par Pergame sans aller flâner un moment dans la ville actuelle qui a su conserver son aspect authentique de petite ville agricole, et on ne manquera pas surtout d'aller visiter le musée Archéologique, ou est exposée une partie des sculptures et reliefs découverts sur le site, et la cour rouge ou « Kizil A vlu », un ancien temple dédié il Sérapis qui fut transformé par les Byzantins en basilique chrétienne.
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