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Urfa

Aux confins de la Turquie, proche de la Syrie, Urfa est une ville brfilée de soleil dont la mise en valeur agricole devrait favoriser l'essor prochainement. Un gigantesque projet de barrage visant à irriguer les terres tout en produisant de l'électricité est actuellement en chantier dans la région et on peut espérer que l'irrigation permettra de développer au maximum la culture du coton à laquelle se consacrent les habitants.

Arriver à Urfa est chose facile en autocar: de nombreux  services relient en effet la ville à Gaziantep, Diyarbakir et Mardin.

De son histoire bien mouvementée, Urfa n'a malheureusement pas conservé beaucoup de témoignages. La ville ne manque cependant pas d'attrait avec son bazar traditionnel et son mélange de populations turques, kurdes et arabes unique en Turquie. Par ailleurs ses environs, et essentiellement le village d'Harran, méritent qu'on s'attarde dans la région malgré une chaleur parfois difficilement supportable.

Connue depuis la lointaine Antiquité sous le nom de Hourri, l'actuelle Urfa fut la capitale d'un Etat hourrite qui voisinait alors avec l'Etat de Mitanni. Après un rapprochement avec l'Egypte de Thoutmosis IV,Ies deux Etats, qui formaient alors l'Hanigalbat, furent détruits par les Hittites.

A la disparition de l'Empire hittite, Urfa fut annexée par les rois d'Assyrie.

Il faut attendre l'arrivée d'Alexandre le Grand pour connaÎtre avec davantage de détails l'histoire de la cité que ses habitants araméens nommaient Orhai. A la mort du conquérant, Urfa passa aux mains des Séleucides sous le nom d'Edesse, avant que la ville ne prenne son indépendance et reprenne son ancien nom sous la férule d'un chef araméen qui fonda un royaume. Celui-ci devait tenir quatre siècles, jusqu'à l'arrivée des Romains.

Sa situation géographique entraÎna la région dans la vague de conflits qui opposa l'Empire romain, puis Byzance, à la Perse. Edesse fut témoin de ces combats pendant des siècles jusqu'à ce qu'elle passe sous le contrôle des Perses en 605 ap. J .-c. après la défaite de l'armée byzantine. Reprise par Héraclius, elle devait succomber quelques temps plus tard aux Arabes au milieu du VIIe siècle.

Après trois siècles de paix, la guerre revint aux portes d'Edesse, opposant divers protagonistes dont les Arabes, les Byzantins et les Turcs. Finalement réoccupée par les Byzantins, elle fut conquise par les Seljoukides à la fin du XIe siècle. L'arrivée des Croisés, avec à leur tête Baudouin de Boulogne, en 1098 rétablit Urfa dans le camp latin, mais pour peu de temps car elle fut reprise par Saladin avant de passer sous le contrôle des Mamelouks. Les Ottomans entrèrent en possession de la ville et la baptisèrent Urfa au XVIIe siècle, mettant ainsi fin à des siècles de batailles.

La plupart des monuments d'Urfa sont situés dans la vieille ville.

La Kale, ou citadelle, fut construite par les Croisés, mais il n'en reste désormais que bien peu de chose. Au pied de la citadelle, une fontaine alimente un bassin ou nagent des carpes qui sont considérées comme sacrées. La légende veut en effet qu'Abraham se soit arrêté à cet endroit-même, d'ou le côté sacré des poissons qu'il est cependant permis de nourrir!

Le long du bassin, ont été construites plusieurs mosquées et écoles de théologie qu'il est possible de visiter.

On ne manquera pas d'aller ensuite flâner au bazar, ombragé, qui se trouve non loin de là, puis de visiter le musée Archéologique, à l'extérieur de la vieille ville, ou est exposée, entre autre, une magnifique mosaïque découverte près de la citadelle.

AUX ENVIRONS

- Harran : cet étrange village situé à plus de 50 kilomètres d'Urfa est en fait la curiosité principale de la région. On pourra s'y rendre en louant un taxi ou un dolmus... Bien marchander le prix de la course avant le départ!

Dès l'arrivée, on ne peut qu'être surpris de l'aspect primitif du village dont les maisons en forme de termitières semblent tout droit sorties de l'Antiquité!

On a ici la profonde impression qu'Harran n'a pas abordé le vingtième siècle et que vont surgir, de dernère les habitations, quelques guerriers de l'antique capitale mésopotamienne qu'elle fut il y a fort longtemps.

C'est ici que se trouvait l'antique Carrhes qu'aurait traversée Abraham et que mentionne la Genèse. C'est ici qu'était adoré Sin, le dieu lune, auquel fut consacré un temple dont la célébrité se répandit dans tout le monde antique. Celui-ci fut reconstruit à plusieurs reprises entre le VIIIe et le VIle siècle avant notre ère.

Carrhes fut par la suite le théâtre de bien des batailles et des conflits entre les Romains et les Parthes puis les Sassanides. Sous l'Empire byzantin, le temple de Sin fut définitivement détruit par ordre de l'empereur Théodose au cours du IVe siècle et une citadelle byzantine fut érigée.

Ce fut ensuite au tour des Arabes d'intervenir; ils allaient dominer Harran, malgré bien des vicissitudes et des batailles, jusqu'à ce que la ville soit investie par les Mongols qui la détruisirent totalement en 1260.

De son passé tumultueux, il ne reste aujourd'hui que les vestiges de la citadelle byzantine et de ses murs d'enceinte fort ruinés. Mais l'intérêt de la visite est ailleurs car c'est le village actuel qui requiert toute l'attention.

Vous aurez sans nul doute l'occasion de pénétrer à l'intérieur d'une de ces habitations d'un autre temps qui font penser à des termitières ou à des ruches de terre. La population d'Harran est en effet fort hospitalière et l'on vous offrira le thé avec beaucoup de gentillesse. Prévoyez quelques menus souvenirs à offrir en remerciement de l'hospitalité, mais pas de pourboire car il pourrait choquer.

- Eski Sumatar: à environ 80 kilomètres d'Urfa, le sanctuaire de Sumatar intéressera les passionnés de vieilles pierres et d'antiques croyances.

Une mauvaise route mène à cet ensemble cultuel du II siècle après J .-c., qui était consacré au culte des Sabéens. Ceux-ci adoraient les sept dieux-planètes: le dieu-soleil, le dieu-lune, les deux principaux, et les planètes Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, et Mercure.

Le site est composé des structures de sept bâtiments qui étaient disposés autour d'un tertre central.